Aucun média n'en aurait peut-être parlé, si le projet de loi ne s'était heurté à un vote d'une motion d'irrecevabilité par le Sénat, mystérieusement acquis à l'opposition, l'espace d'un instant. Ce projet de loi énonçait l'interdiction de la culture en France, d'un OGM en voie d'être autorisé dans l'UNION EUROPÉENNE.

Bien entendu, la France a le droit d'interdire, sur son territoire, un produit qui est autorisé ailleurs. Mais en l'occurrence le dossier n'est pas bouclé pour l'Union. Ce n'est pas d'hier que le bât européen blesse le dos français, au point de faire ruer la bête. Il s'y ajoute, en propre, d'une part le sentiment d'une mission urgente de prendre des décisions présumées irréversibles, modifiant le cours de notre histoire, sous tous ses aspects, d'autre part, le fameux principe de Laignel, qui amplifie la légitimité de toute décision prise par la gauche.

Ce projet de loi conserve ses chances de passer, l'Assemblée Nationale jouissant du dernier mot, en cas de désaccord entre les deux chambres, à condition que le Gouvernement pousse un député à le présenter à l'Assemblée. Après, il y aura les fourches caudines du Conseil Constitutionnel. S'il juge le projet incompatible, l'honneur sera sauf, et le remballage de 2017 plus très loin.

Le coup de menton était de toute façon symbolique. Aucun agriculteur, en France, n'oserait braver la vigilance des "faucheurs volontaires", dûment renseignés par le Journal Officiel, et sachant se servir du GPS. Ils ne seront pas plus défendus contre eux qu'ils ne le sont contre les pillards.

Nos agriculteurs n'en connaitront pas la paix pour autant. D'autres projets de leur tenir les mains sont en préparation. Ils visent, dans la même mouvance, à transférer aux politiques les quelques compétences encore exercées par les experts de formation scientifique. Je ne suis pas contre les décisions politiques qui préviennent des conséquences sur la paix civile d'autres décisions, apparemment sans rapport avec le débat politique ordinaire, mais prises dans des passions pouvant être furieuses. C'est ce qui s'est produit, dès le précédent quinquennat, avec les OGM.

Maintenant que la Gauche est au pouvoir, son aile verte lui intime de mettre fin à l'usage des produits phyto-sanitaires qui permettent aux agriculteurs de réduire la part des divers participants au festin: cryptogames, insectes, larves. Il est normal qu'on oublie, en ce 21ème siècle, les famines que ces prédateurs ont provoqué jusqu'au 19ème siècle. Il est calculé que nos merveilleux rendements (cinq à six fois ceux d'avant-guerre), feront un plongeon de 30% en l'absence de ces produits de protection. Les prix de l'alimentation se ressentiront de la diminution de l'offre.

"Après nous, le déluge!"

Sceptique