Je place l'exemple puisé dans l'actualité dans la catégorie des religions, car le fonctionnement de base de tout fanatisme est unique: la conviction que sa croyance est La Vérité, et a des droits exclusifs sur l'Erreur.

Imaginons qu'un gouvernement autorise l'usage d'un OGM, bravant l'hostilité systématique des écologistes? Ces derniers tiendraient comme devoir absolu d'aller détruire les mises en culture avant qu'elles aient pu produire le produit honni. 

Examinons maintenant l'apparition d'une maladie destructrice d'une culture ou d'un élevage quelconque, d'une nuisance égale à celles du mildiou de la pomme de terre, du phylloxera, ou la maladie du ver à soie. Comment définirait-on un refus de tout traitement au nom de l'égalité des chances entre le travail de l'homme, et le droit à la vie de l'agent destructeur? Il serait légitime de parler de fanatisme.

Un cas concret a fait son apparition en France (ailleurs, ça ne nous regarde pas!), une maladie mortelle pour la vigne, la flavescence dorée. La maladie, bactérienne, est transmise par un insecte piqueur de la plante. Il est plus facile de combattre le vecteur que la maladie elle même*. Les foyers de la maladie doivent être traités par les insecticides actifs sur le vecteur, d'une manière systématique, comme pour n'importe quelle épidémie. C'est l'autorité préfectorale qui prend la décision, rappelle l'obligation de l'appliquer, et appelle la justice à sanctionner les négligents. Et les récalcitrants s'il s'en trouve.

En Côte d'Or, un vigneron a décidé de perdre sa vigne, plutôt que transgresser son principe d'une abstention totale de tout traitement, même fourni par "la Nature", de sa vigne malade. Mais en attendant que sa vigne soit anéantie, il en fait un réservoir de l'agent de la maladie et de son vecteur. À ce titre, il est poursuivi devant la Justice, et menacé d'une peine d'emprisonnement et d'une forte amende.

Le virus et son bienfaiteur, qui l'inocule ça et là, ont devant eux une réserve de temps pour continuer leur action, la rendre irréversible, peut-être.

Tout caricatural qu'il soit, ce cas n'est pas isolé. Notre agriculture et notre élevage, devenus des points faibles du tissu économique, social et politique**, sont menacés. Le modèle de base que la majorité actuelle a choisi pour le monde agricole est celui de la Confédération Paysanne: la petite exploitation autarcique, appliquant la doctrine de l'agriculture biologique. Le troupeau agricole est comme n'importe lequel. Il faut le parquer, avec patience et obstination, en se méfiant....de sa méfiance, augmentée par sa nature humaine. 

Mais, à terme, au plus tard pour 2017, il doit être maté.

Sceptique

*Les pieds atteints doivent être arrachés et brûlés.

**Même si la capacité de révolte et d'actions spectaculaires est restée forte, le poids électoral de l'agriculture est devenu très faible. Mais elle bénéficie du soutien de la droite.