La grave défaite des socialistes aux élections municipales, espérée modeste, mais finalement proche d'une déroute, a contraint le Président de la République à prendre la parole et à poser quelques actes. À commencer par accepter la démission de Jean-Marc Ayrault, et nommer Premier Ministre un rival, d'un autre niveau d'ambition que l'ancien Maire de Nantes, et Président du groupe socialiste à l'Assemblée.

Mais avait-il besoin de présenter ces changements par des mots de contrition, de culpabilité, plutôt que de responsabilité? D'assortir le rappel des mesures déjà engagées, laborieusement, pour diminuer le handicap de l'industrie française, non compétitive sur les marchés courants, à faible ou moyenne valeur ajoutée, d'une réserve en direction de l'extême-gauche? 

Le coup d'encensoir en direction des verts, la promesse de prendre en compte leurs interdits, lui épargneront-ils le coup de poignard qu'ils lui préparent pour quand ils le jugeront opportun?

Il s'est empressé de cibler la mesure vers le plus bas niveau de qualification, recevant les bas salaires, celui qui ne pourra jamais être à armes égales avec la Chine et d'autres pays "émergents", et a semblé abandonner les secteurs à la technologie plus pointue, moins éloignés de la compétition mondiale, tout en payant bien mieux leurs personnels qualifiés. 

Annoncer que les dispositions de ce Pacte de responsabilité viseraient en priorité les bas salaires est doublement une absurdité. Les quelques entreprises n'employant que des smicards, et parvenant à survivre en France, sont celles qui sont tournées vers le marché intérieur, mais non délocalisables. Par contre, celles qui peuvent encore offrir des produits sur le marché mondial, sont à la merci d'une fluctuation monétaire ou d'une concurrence déloyale. Elles peuvent encore être séduites par une délocalisation.

Il semblerait que François Hollande n'a pas réussi à se couler dans le personnage de Président de tous les français. Qu'il reste le président des socialistes et de leurs alliés de circonstance, que les autres, ceux qui ont voté pour son rival, toujours stigmatisé et responsable de l'impuissance de son successeur, ne comptent pas, ne méritent aucune considération. Des bouches inutiles, peut-être?

Il flatte les éléments les plus sectaires de sa majorité, il semble s'excuser auprès de la gauche de la gauche, celle de Mélenchon et de Laurent, peut-être même de Besancenot et de Nathalie Arthaud, les plus coriaces rebelles. Ils ne lui en seront pas reconnaissants!

C'est donc à ses électeurs de 2012, qui l'ont trahi en 2014, qu'il s'adresse, et seulement à ceux là, présumés récupérables. Les autres ne le sont pas, ne le seront jamais, et sa parole ne leur est pas adressée.

Sceptique