La science, ou les sciences, ne sont plus un savoir pour tout le monde. Ce n'est plus, pour beaucoup, en France, qu'une opinion, ou une croyance, ou, encore, une invention personnelle. L'intérêt pour un fait entrant dans la catégorie des sciences de la nature est un filtre qui déterminera son évaluation, son rang sur une échelle d'angoisse, ou de révolte, personnelles, mais à vocation universelle.

Trois faits "défrayent la chronique" d'un de mes quotidiens préférés, aujourd'hui, 8 Avril 2014.

Un tremblement de terre affectant les Alpes françaises du Sud. Dont l'épicentre est proche de Barcelonette, "nombril sismique" de nos Alpes. D'une puissance de 5, sur l'échelle de Richter. Mais sans victimes ni dégâts, promis, juré.

La France n'est pas exempte de tremblements de terre, à cause de ses chaines montagneuses "jeunes", dont on sait maintenant qu'elles résultent des collisions des plaques tectoniques, qui forment les continents, et qui se promènent tout autour de la terre, tantot s'agglutinant en un continent unique, tantôt s'en séparant et partant à l'aventure, arrivant à en cogner un autre, ce qui n'est pas sans conséquence pour la surface, et, depuis, disons, deux millions d'années, faisant des misères à une espèce douée de mémoire et curieuse de ce qui lui arrive, l'homme.

La Méditerranée, qui borde nos Alpes du Sud, est une mer qui, sous la pression du continent africain qui cherche à remonter vers le nord, doit disparaitre, par fermeture, par accolement complet de ses deux rives. 

Les roches soumises à cette pression étant rigides, elles cèdent brusquement, se réajustant grâce à des failles, qui ne sont quand même pas des patinoires. Elles résistent  un "certain temps". Et plus ce "certain temps" est long, plus la secousse est forte et destructrice. Il est permis d'avancer que nos failles à nous glissent mieux que les italiennes ou les algériennes. La géologie est indépendante de l'esprit des hommes vivant à la surface. 

Les réactions des internautes qui commentent un événement quelconque, sont toujours instructives sur l'état des connaissances des lecteurs. Leur préoccupation majeure, pour cet événement, concerne nos centrales nucléaires. Le tremblement de terre de Barcelonette n'a même pas fait tomber une tuile ou une cheminée(aux dernières nouvelles), mais les internautes ont tremblé pour nos centrales de la vallée du Rhône.

La deuxième alerte, capable d'émouvoir les peuples gourmands du monde, et ceux de l'Europe, en particulier, concernent la banane. Un champignon dévastateur, le fusarium, victime de ses excès sur une variété de bananiers très appréciée, la "Gros Michel", qu'il a fait disparaitre des trafics commerciaux, aurait réaliséi une mutation le rendant capable d'anéantir la variété Cavendish, qui a remplacé la Gros Michel dans nos corbeilles à fruits. L'humanité y a perdu en qualités gustatives, mais la majorité, heureusement, l'ignore. Mais en cas d'attaques victorieuses du nouveau fusarium sur les bananiers Cavendish, nous ferions un tintin définitif sur ce fruit si peu fatigant à éplucher.

Car, bien entendu, l'humanité n'aurait plus le droit de chercher un traitement de cette maladie.

Si l'humanité n'a plus le droit de chercher et de trouver un traitement de ce fléau, ou de tout autre nouveau, un humain, disposant d'un traitement d'une maladie mettant en péril ce qu'il cultive, peut décider de ne pas l'appliquer, au nom de convictions personnelles, mettant sur le même plan du droit à vivre, les humains et les ravageurs qui s'attaquent à ce qu'il mange ou boit. C'est ce qu'un viticulteur bourguignon a décidé pour SA vigne. Une alerte à la flavescence dorée, une maladie nouvelle bien plus terrible que le phyloxera pour la vigne, ayant été déclenchée dans son département, il a refusé d'appliquer le traitement visant l'insecte vecteur, ordonné par le responsable local de l'agriculture. Il avait droit à 3O.000 euros d'amende. Il n'a été condamné qu'à 500. Les juges ont défendu le droit à sa propre science.

Au nom de ce droit, vous pouvez décider, pour votre propre compte, que la terre est plate. C'est sans risque, pour quiconque. Vous pouvez, aussi, tuer votre enfant en lui imposant un régime alimentaire carencé en éléments essentiels, au nom de votre-savoir-à-vous !

Sceptique