C'est un éditorial de Michel Noblecourt, paru dans le Monde daté du vendredi 16 Mai, qui a attiré mon attention. Titré, "François Hollande, la reconquête impossible?"

Sanctionné sévèrement par les électeurs à l'occasion des municipales*, le Président Hollande ne recueille plus que 18% d'opinions favorables. Sa première réaction à la suite de la défaite de la Gauche en Mars 2014 a été de nommer Manuel Valls Premier Ministre, mais bien encadré par ses potes , après avoir viré tous les godillots de haut rang, qui avaient usé et abusé de la brosse à reluire.

Tout en constatant le sombre bilan des deux premières années de son quinquennat, le Président ne doute pas pour autant de lui-même, et se voit déjà sur le chemin d'une reconquête de l'opinion. Tout en décrivant lui-même la condition requise pour y parvenir: une améloration franche et pas trop récente du chômage. Dont la condition serait une amélioration rapide de l'activité économique française.Dans une "confidence" faite aux ouvriers de l'usine Michelin, à Clermont-Ferrand, il a admis qu'en cas d'échec de sa politique, il n'aurait même pas intérêt à se présenter.

Mais s'il a joué, pour son premier gouvernement, la "statue du commandeur", et l'a cependant sanctionné, se déchargeant de toute responsabilité, il semble bien qu'il a changé de tactique pour le second. Il s'en remettra complètement à Manuel Valls, qui a un tout autre caractère que Jean-Marc Ayrault, et jouera volontiers le rôle de Président-Adjoint, au risque d'endosser l'échec, ou de pouvoir s'attribuer le succès, et d'entrer en compétition avec le Président sortant. 

Mais il manquera alors à Manuel Valls l'appui sans conditions du Parti Socialiste, résigné, mais sournoisement hostile.

Ce que j'ai surtout retenu de cet article, c'est la comparaison, étayée par les jugements de François Hollande lui-même, avec son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.

La majorité de ce dernier avait perdu les municipales de 2008. Le vote sanction avait frappé les premières mesures prises. Sarkozy avait assumé les effets de SA politique, et avait maintenu à leur poste le Premier Ministre François Fillon et son secrétaire général Claude Guéant. Selon l'auteur de l'article, François Hollande avait considéré comme une erreur cette attitude fière de Sarkozy. Le chemin allant de la fierté au masochisme serait court, et de ce fait, un handicap, une naïveté.

Être comme on se préfère, c'est peut être risqué. Mais la veulerie comme défense l'est elle moins?

Sceptique

*Voir les élections municipales comme déterminées par les seules considérations locales est un fantasme récurrent et commun aux deux  "majorités", malgré le démenti habituel. La pensée politique des français est dominée par les conséquences visibles de la politique nationale: le chômage, la sécurité, les impôts...