Nicolas Sarkozy, de lui-même, ou sollicité par ses fidèles, est intervenu dans la campagne des élections européennes, sous la forme d'une "tribune", publiée par l'hebdomadaire "LE POINT".

Il n'y a pas lieu de contester son droit de le faire. Le poids qu'il pèse encore, les regrets que deux ans de "hollandisme" ont rajoutés, font du coup de pouce pour une moindre abstention à ces élections que presque tous les "européens" boudent, un geste positif en direction des sympathisants de droite gagnés par l'euro-scepticisme.

Lui, bien sûr, n'est pas contaminé, et son action pendant son quinquennat a sauvé l'Union, ne serait-ce qu'en tempérant les ardeurs de "nettoyeuse" de Madame Angela Merckel, en faisant tenir l'ensemble autour du couple franco-allemand. 

Mais cette solution, dont l'urgence et la nécessité ont été saisies par le Président français, a été avant tout un acte, ou un ensemble d'actes, ne figurant sûrement pas comme principe, dans l'organisation de l'Union Européenne. 

La cohésion de l'Europe, le minimum de solidarité avec les états de l'Union très affaiblis, au bord de la banqueroute, a été maintenue, sûrement contre l'avis de la Chancelière Angela Merckel. Les plaidoyers de Nicolas Sarkozy furent essentiels à la sortie de cette redoutable période.

Son successeur François Hollande comprit très vite la nécessité de cette relation particulière avec la robuste Allemagne et sa "reine", bien élue, en récompense de son gouvernement rigoureux et "patriote". Qu'il contribue peut-être à tempérer les jugements de Madame Merckel, à moins que celle-ci ait finalement trouvé un avantage à commander toute l'Union, son influence n'est plus visible.

L'argumentation de Nicolas Sarkozy en faveur du binôme franco-allemand, rééquilibré par un autnentique, mesurable, redressement français, ne peut pas être un objectif en soi, une évolution irréversible de l'idée européenne, imposée par des réalités politiques méconnues par les pères fondateurs.

En supposant que le binôme franco-allemand dure encore quelques années, tant qu'il sera indispensable à la remontée de la pente économique et sociale qui concerne...27 nations sur 28, le seul but admissible à long terme est une union harmonieuse et efficace des nations qui sont déjà dans l'union. Notre pays, avec ses faiblesses structurelles, dont le clivage droite-gauche irréductible n'est pas la moindre, est même le handicap le plus lourd ! 

Si le point de vue de Nicolas Sarkozy est pro-européen, au sens de la reconnaissance de l'Union Européenne comme oeuvre essentielle, il n'est pas optimiste. Il la défend....sans y croire. C'est, selon lui, une "incapable majeure", ayant besoin d'une "tutelle renforcée".

On peut comprendre que les présidentiables déclarés de L'UMP ne considèrent pas, tout en la respectant, que l'intervention de Nicolas Sarkozy constitue un cap à suivre. Les politologues réunis dans le "Politiquement show" ont conclu que l'ancien Président a parlé avant les élections, pour ne pas avoir à parler, après.

Je pense, avec beaucoup d'autres, que l'Union doit cesser de s'agrandir, d'absorber de nouveaux membres, malgré le succès de son modèle. Le but actuel, la réussite d'une fédération, me semble encore inaccessible. 

Sans revenir en arrière, ce qui serait catastrophique, les "européistes" devront trouver d'autres solutions que celles qui sont en chantier, plus souples, plus consensuelles. La guerre d'influence qu'a engagée Vladimir Poutine devrait consolider la solidarité de l'Union.

Sceptique