C'est  un article de Stephane Foucart (Le Monde daté du 8-9 Juin 2014, p.19), qui a attiré mon attention. Son titre:" Le retour des Églises". 

En fait de retour (le mot implique un départ préalable), il ne s'agit que d'un ralliement réservé, de responsables écclésiastiques, aux thèses apocalyptiques de l'écologisme, disons, "pleurnichard". Dont Nicolas Hulot est le prêcheur.

Désespéré par l'inertie des grands et des petits qui composent le monde humain, le saint Nicolas, ne sachant pas à quel autre saint se vouer, a pensé qu'en s'adressant à Dieu...

Oui, mais lequel, et comment?

Ayant observé que Dieu, ou les dieux, en général, avaient une préférence pour les maigres, Nicolas Hulot, lui-même pas bien épais, s'est dit que des séances de jeûne collectif pourraient plaire au Ciel, et qu'il enverrait une nouvelle dose, conséquente, de Saint-Esprit (l'anniversaire, c'était hier. Mais il ne lie pas l'ordonnateur.)

L'Égiise, dans la phase militante qui est la sienne depuis quelques années, ne cache pas sa préférence pour l'abstinence, en général. Toutes les formes de sobriété lui plaisent, car elles sanctifient les hommes qui les pratiquent. Et, si réchauffement climatique anthropique il y a, le péché de gourmandise y a une bonne part, puisque, quand les hommes ne partent pas vers les lieux où ils peuvent savourer des nourritures exotiques, ils les font venir dans leurs épiceries, toutes devenues, "fines", à grand renfort de CO2.

Il y a là un symptôme d'immodestie patente, dont aucune Église ne peut se réjouir. Il y a abus de la licence divine originaire.

L'alliance objective entre les Égilses, l'écologique, et les autres, est donc logique. Les églises apporteront leur expérience des manifestations collectives tournées vers le Ciel. Les écologistes apporteront leur argument rationnel, anthropocentrique au bon sens du terme, propre à stimuler la foi, à faire souffrir plus légèrement de la faim volontaire.

J'ai dit "logique", et, effectivement, toute religion, toute idéologie, crée une logique propre, distincte de la logique générale. Le jeûne relève aussi bien de la logique religieuse, qui y voit un détournement de l'hédonisme humain au profit du divin, que de celle de l'écologisme, qui nous prépare sincèrement à la grande famine du futur.

Sceptique