Ce "youpi!" traduit en termes sages, sans point d'exclamation, par le "Monde" imprimé hier, concerne les OGM, conçus en Enfer par des suppôts du Démon, voleurs de sciences biologiques. 

Nous sommes heureusement sortis de l'exclusivité confiée à l'Église de définir ce qui était mal, ce qui était inspiré par le tentateur à la sournoiserie du serpent. 

Maintenant, la définition du bien et du mal appartient à tout le monde. Pour autant, la définition reste,  par principe, absolue. Que vous soyez Dupont, ou Dupond.

Avant que la Commission Européenne mette les points sur les i, ses décisions sur ce sujet controversé étaient valables pour toute l'union. Si les commissions scientifiques, épluchant les dossiers, aboutissaient à la conclusion que l'OGM présenté ne présentait aucun danger prouvé pour la santé des consommateurs, humains ou animaux, l'autorisation de mise en culture était valable pour toute l'Union. La France, devenue gardienne de la vertu, s'empressait de confirmer son opposition, ce qui lui valait des procès intentés par les inventeurs, privés d'un marché. Quelle que soit la décision de justice, il était hors de question que la France l'applique, si tel n'était pas son désir. La France reniait sa signature des traités fondateurs de l'Union.

La passion et l'ignorance ont toujours fait bon ménage. Car l'ignorance dit oui , quand la passion lui commande de dire "oui", et non, si l'ordre est inverse. Dans ce domaine pointu de la science, même sortis de l'ENA ou de Polytechnique, nos politiques ne sont pas compétents, et n'oseront pas contrarier un licencié en biologie, déterminé.

D'une manière asssez générale, la vérité scientifique ne peut plus se réfugier derrière la démonstration, celle de sa justesse, celle de son innocuité. C'est la politique, française, qui donne le "Nihil obstat"*.

Jusqu'à maintenant, ces cultures sulfureuses ne concernaient que des pays lointains, ou peu importants dans l'échelle d'évaluation française (dont l'unité de mesure est la France, justement). Le maintien en vie et en bonne santé des consommateurs ne faisaient pas la une des journaux. La situation nouvelle créée par le libre choix pourrait mettre sous notre nez des vérités interdites, provenant de pays proches et familiers, qui sans être des champions d'intelligence comme nous le sommes, en France, ne sont pas des primitifs ou des sous-développés.

José Bové, ce sage entre les sages, ne s'y est pas trompé: la liberté en question est aussi mauvaise que toutes les autres. La tentation qu'elle pourrait induire par ses preuves, serait contraire à l'ntroduction du Huitième péché capital** dans la liste.

Sceptique

* Dans les collèges religieux, il y a un paquet de dizaines d'années, sur les livres soumis par les pensionnaires, aux ecclésiastiques auxquels ils étaient confiés.

**En cours de rédaction. Sera prêt avant 2017. Il sera temps!