Tant qu'il n'a pas été abouti, ce projet a paru dangereux aux responsables de la fourniture d'énergie à chaque français, et aussi à ses industries, à ses services publics.

En jeu est d'abord un dogme, celui du réchauffement du climat par la faute de l'homme, par sa consommation de combustibles fossiles, composés d'hydrocarbures, et du lachâge de CO2 dans l'atmosphère, ce qui augmente la quantité, jusqu'à nos jours, bénéfique, de "gaz à effet de serre". Sans lesquels notre planète serait une boule de glace*.

En deuxième lieu un problème de société, le bien-être des humains qui la composent, qui ne pourraient plus vivre comme il y a cent-cinquante ans. Entre leur vie quotidienne, le besoin d'éclairage, de chauffage, de cuisine, de distraction, par la radio-télévision, de communication, par internet et le portable, lesquels représentent déjà 10% de la fourniture d'électricité, et leurs vacances aussi sacrées que multiples, le besoin d'énergie par habitant d'une société développée est considérable. Il faut que la production suive, ne s'interrompe jamais. Et son prix ne sera pas indéfiniment maitrisable**.

La majorité qui a la responsabilité de la France depuis deux ans avait fait d'importantes concessions aux Verts, voués à la lutte contre cette voracité d'énergie, et aux moyens qui ont été mis au point et installés par les générations précédentes, il y a en gros cinquante ans, utilisant l'énergie nucléaire. 

La dangerorité de cette énergie n'a jamais été méconnue, mais le propre de l'homme est de ne pas se soumettre à une fatalité ou à la peur, et nos ingénieurs, dans la foulée des physiciens de la matière qui ont dégagé les théories de leurs observations, ont construit des centrales nucléaires pour répondre à une demande qui ne pourrait qu'augmenter. Sérieusement surveillées et entretenues, nos centrales n'ont jamais failli. Les inévitables incidents ont toujours été maitrisés, sans faire de victimes à distance.

Comme il n'en a pas été de même, ailleurs dans le monde, soit par défaillance de la conscience professionnelle (Tchernobyl), soit par une catastrophe naturelle d'une ampleur dépassant la prévision(Fukushima, au Japon). Chaque accident de cette gravité sert d'argument pour faire abandonner la filière nuclaire en France. À moins de revenir à la lampe à huile....

Si "on" s'en était tenu au contrat léonin signé par Martine Aubry, au nom de François Hollande, avec Jean-Vincent Placé***, le contenu de ce projet de "transition énergétique" aurait du être une régression concrète de l'offre d'électricité aux consommateurs français, se traduisant par des délestages dans toutes les situations de consommation excessive. Hier soir, par exemple, tous les amateurs de football (de qualité), n'auraient pu voir sans coupures les 5-2 infligés aux suisses.

Le document sorti du Ministère de Madame Royal est pragmatique, et ne verrouille pas l'avenir. EDF est invité à stabiliser la production électro-nucléaire au niveau atteint, et à accompagner une augmentation de la demande par un recours croissant à l'énergie renouvelable, ce qui modifierait "en douce", les proportions. La stabilisation signifie déjà le maintien de Fessenheim, promis en sacrifice à l'écologisme en 2012. Quand Flamanville entrera en production, le mandat de François Hollande  touchera à sa fin....ou sera fini. Pour le moment il a peu de chances d'être renouvelé.

Il serait étonnant qu'une majorité de droite suive le même chemin, fasse les mêmes promesses.

Sceptique

*Ce qu'elle fut pendant un paquet de millions d'années, il y a un paquet de millions d'années encore plus gros. Il est absolument certain que ce n'est pas une engeance annonçant la nôtre qui la réchauffa!

**La décision démagogique de Madame Royal d'annuler l'augmentation prévue des tarifs d'EDF est tout à fait contradictoire. EDF a besoin d'argent pour améliorer la sécurité de ses centrales nucléaires, pour investir dans les énergies renouvelables. Manuel Valls, ne voulant pas contrarier sur le champ sa Ministre pistonnée, a promis (aux fournisseurs) l'augmentation pour l'automne.

***Redoutable partenaire, dit-on. Mais son intelligence semble l'éloigner du radicalisme de ses compagnons de route.