Lorsque que le Ministre-Président (Putatif), Arnaud Montebourg a donné les conclusions des négociations autour d'Alstom, lors de sa conférence de presse , sa présentation était merveilleusement limpide.

Alstom s'alliait avec General Electric France pour former un nouveau groupe, dans lequel l'État entrait à hauteur de 20%, assortis de droits particuliers du nouvel actionnaire, permettant un contrôle pointilleux de ce que la nouvelle entreprise ferait de ces moyens renforcés. 

Selon le Ministre-Président, tout le monde, c'est à dire Alstom et General Electric, était ravi. Il laissait à la méchante presse le soin de remarquer que ce n'était pas avec ses favoris, Siemens et Mitsubishi, qu'Il faisait affaire.

Il n'a pas dit tout de suite comment s'était faite cette entrée de l'État dans le capital. Augmentation du capital, ou nationalisation partielle, à faire confirmer par le Parlement.

Ce n'est qu'un peu plus tard qu'il précisa que l'important actionnaire d'Alstom, Martin Bouygues, céderait à l'État les deux tiers de ses actions pour arriver à ces 20%.

La majorité des analystes compétents avaient, dès le début de l'affaire, estimé que l'alliance avec General Electric était logique et complémentaire, tandis que celle avec Siemens, travaillant sur les mêmes créneaux , et en difficulté en Allemagne, risquait de "presser l'orange et jeter l'écorce". Il leur paraissait inévitable que l'acquéreur concurrent préfèrerait, un jour ou l'autre,  ses salariés.

Le couac n'a été révélé que le lendemain. La cession des actions de Bouygues était toujours fictive. Y avait-il, au moins "entente sur la chose"? Mais pas d'entente sur le prix! L'État voulait acquérir au cours de bourse du jour, l'heureux propriétaire voulait une plus value. Il voulait bien les vendre, il cherchait la meilleure offre depuis un moment, mais il ne voulait pas perdre de l'argent qu'il avait placé là sous la pression amicale du pouvoir de l'époque.

Une vente forcée au prix fixé par l'acquéreur, ça s'appelle une réquisition, en terme généraux, ou une expropriation pour cause d'utilité publique, à un prix fixé par les domaines. Ça ne semble pas entrer dans ce cadre. Vouloir que le prix soit fixé par l'acheteur, même "quia nominor leo", ce n'est pas dans les bonnes moeurs de notre époque, de notre culture, de notre appartenance à l'Union Européenne.

Je n'ai pas compris ce que voulait dire le (vrai) Président François Hollande, quand il a dit que s'il n'y avait pas d'entente  (sur le prix d'achat des actions de Bouygues), il n'y aurait pas d'alliance Alstom-General Electric. Menace, ou larme sur la bonne affaire ratée?

Sceptique

Note du 24/06/2014: Le bras de fer entre le puissant acquéreur, et le vendeur avisé, s'est conclu à l'avantage du vendeur. Celui de l'acheteur demandera plus de temps, mais il n'est pas impossible, s'Il ne se mêle pas de la gestion.