Il ya quelques jours, le journal "Le Monde" lançait une alarme: des savants spécialisés dans le comptage des espèces, avaient établi que le nombre des insectes avait sérieusement diminué dans la partie du monde intéressante et déterminante, la nôtre. Parallèlement, le nombre des oiseaux avait suivi le même mouvement, puisqu'ils sont les premiers consommateurs d'insectes.

Les coupables, c'était nos agriculteurs, qui s'entêtent à vouloir gagner leur vie par leur travail, en réduisant la part des ravageurs, dont une bonne proportion d'insectes, soit consommateurs directs, soit porteurs d'agents infectieux, viraux ou microbiens, inoculés innocemment.

Il n'y a pas encore si longtemps, même les pays tempérés, comme la France, devaient régler leur dîme, ou plus, à une "nature" qui a trouvé commode la manie humaine de constituer des "garde-mangers" à ciel ouvert.  Les insectes, l'homme subissait leur présence sur sa nourriture, sur sa peau, celle de ses enfants, leurs piqures, soit vengeresses, soit prédatrices. Et "Il" constatait leurs dégâts sur les fruits de ses arbres, servant de pouponnières. Un seul, l'abeille, avait droit aux bons sentiments, parce qu'elle se laissait prendre le miel qu'elle fabriquait pour sa progéniture.

Le siècle dernier a connu une révolution scientifique qui a concerné pour une bonne part l'activité primaire de production de nourriture, sous forme d'un bond quantitatif, et d'un autre, qualitatif, dont les conséquences sur la santé et l'allongement de l'espérance de vie ont été stupéfiantes. Au point que les hommes qui en ont le plus bénéficié, ceux de l'hémisphère nord, ne savent plus quoi faire de cette nourriture variée, saine, et abondante, et du temps supplémentaire de vie qu'elle permet.

L'homme comblé, pourri-gâté, pas fatigué et bien portant, s'ennuie. Son espèce étant dépourvue, en majorité, de poils, il ne peut pas se distraire en cherchant des puces ou des poux, dans le pelage de ses semblables. Alors, il fait comme si. Les puces qu'il cherche, c'est ce que les autres font comme lui. Chercheur de puces est devenu une vraie profession, apparemment passionnante. L'offre est devenue importante, pour tous les goûts. 

Sur cette question particulière, d'une disparition, bien sûr, "anthropique", de la chaine alimentaire propre aux oiseaux, j'ai des doutes. Mon jardin reçoit la visite régulière des oiseaux, de toutes tailles, comme les ramiers, les pies, les corneilles. Les merles, les moineaux, sont sédentaires. Nous avons eu notre rouge-gorge et nos mésanges. Les grimpereaux  et les pics-épeiches visitent les troncs d'arbres.

Quant aux insectes pollinisateurs, abeilles et autres, ils sont nombreux et actifs, sur les fleurs qui leur plaisent. Je les laisse pousser pour eux.

Mais il est vrai que c'est à la campagne qu'il y a maintenant le moins de fleurs. Les agriculteurs n'en veulent pas dans leurs champs, et les jardins des campagnards sont peu fleuris. L'entretien qu gazon semble les préoccuper davantage.

Ce sont les villes qui ont pris le relais. Leur décoration florale fait leur prestige, leur charme. La densité florale des jardins privés est inversement proportionnelle à leur surface. Les plus petits sont surprenants. Mais moins fatigants! Autre indice, économique: les jardineries sont nombreuses et fréquentées, en saison.

Il y a sûrement une raréfaction des fleurs sauvages appartenant aux "mauvaises herbes", et un déplacement des décorations florales des campagnes vers les villes. Il est bien établi que les abeilles se sont très bien adaptées aux villes, qu'elles n'y sont pas exposées aux pesticides. 

Mais quand les conditions printanières sont correctes, les arbres fruitiers font des fruits. Allons en paix vers le futur, et méfions-nous des discours prophétiques, "findumondistes". Les hommes sont toujours actifs les uns contre les autres, mais n'arrivent pas à s'auto-détruire. Les malthusiens se désespèrent, ils voudraient bien que leurs espoirs soient comblés. Leurs prières ne sont pas plus entendues que les autres.

Sceptique

P.S. j'ai médité ce billet en me livrant à l'écossage de petits-pois achetés sur le marché à un petit producteur "bio". Au bout de deux heures de travail, à raison de 90% de gousses infestées, je savais tout sur les pratiques alimentaires de la larve de "cydia nigricana". Elle vide les petits pois un par un, en commençant par le bout de la gousse, et remontant vers l'attache. Si elle n'a pas fini au moment où elle doit faire sa métamorphose en nymphe, elle va faire son cocon du côté de l'attache, au voisinage des deux ou trois petits-pois intacts. Les Verts ont peut-être raison en prétendant que leur modèle économique créerait des emplois. "écosseur-trieur de petits-pois-bio" est un premier exemple!