Il y a quelque temps, j'ai du consulter l'unique dentiste**de la ville la plus proche. Une des survivantes de mes 32 dents me faisait souffrir depuis quelques semaines (délai pour un rendez-vous). "Elle" s'est cassée avant l'heure, et il ne restait plus au praticien que me débarrasser des racines.

Anesthésie locale, temps d'attente, extractions, tamponnement de l'emplacement béant. Conseils pour les suites.

Au revoir, merci, "voyez ma secrétaire!". Qui me rend ma carte vitale et m'annonce la dépense: Quarante et un euros et 2 cents.

Il y a des gens, à Bercy, qui veillent sur mon porte-monnaie, car ce qui en sort n'est pas que pour eux. Même s'ils vont en récupérer une partie chez le dentiste. Ils ont pitié de moi, et me font savoir, par voie de presse que c'est encore trop.

Comme les tarifs des soins dentaires sont bloqués depuis des années, ils hésitent à les baisser encore. Ils savent que les dentistes ne les font que par devoir, que leur principale ressource repose sur l'élaboration de prothèses, dans des matériaux plus ou moins nobles, plus ou moins visibles, par contraste avec les couleurs naturelles de la bouche. "Ils", ou "Elles" pratiquent les moulages, et les confient au prothésiste qui  réalise la prothèse dans le matérieu définitif. 

"Elle" est mise en place par le dentiste, qui en vérifie le bon ajustement, dépiste les défauts d'articulé, les corrige lui-même, ou renvoie la prothèse au prothésiste pour correction. Une fois ce travail terminé, il se fait payer au prix convenu.

À Bercy, on appelle ça un "vol", ou, encore "du fric". Un vol qui n'existe pas dans le code pénal mais dans la morale financière publique. En fait, tout gain en dehors des impôts directs, versés à l'État, est un "vol"(ou, "du fric"). Car son montant n'arrivera que très diminué au percepteur.

C'est encore un "vol", parce que gagné exclusivement par un praticien diplômé. Un citoyen ordinaire, ouvrier, paysan, fonctionnaire, ou Ministre, ne peut fabriquer une prothèse dentaire et la vendre! L'injustice est patente.

Pas davantage, l'un ou l'autre de ces "citoyens ", ne peut rédiger une ordonnance valable, après avoir évalué la température d'un autre, même avec un thermomètre médical. Injustice, faute contre l'égalité, mépris du marché.

À ce scandale, le Ministère des Finances, sous la conduite du Ministre Arnaud Montebourg, va répondre par une offensive étendue, finalement, à toutes les professions de santé, humaines, mais aussi, animales. "Ils" ont raison, car c'est notre animalité qui nous fait dépendre de tous ces abuseurs.

-Les dentistes arracheront les dents et enverront les édentés aux prothésistes qui feront les empreintes, réaliseront, et placeront les prothèses.

-les ophtalmos ne s'occuperont que des maladies et des blessures des yeux, et les opticiens feront les examens de vue et les lunettes adéquates***.

-les médecins divers, généralistes et autres spécialistes, iront se faire voir chez les grecs, et les infirmiers libéraux prendront leur relève.

-les pharmaciens....pourront fermer boutique puisqu'il n'y aura plus d'ordonnances....ah,non, j'oubliais, il y aura celles des vétos qui n'auront plus le droit de vendre des médicaments.

-Les pousse-pousses à bras, et les cyclo-pousses remplaceront les ambulances, les VSL, et les taxis pollueurs.

Et les Pompes-Funèbres fermeront la marche.

Quand la crise est survenue, en 2008, des pays gravement touchés, comme l'Espagne et le Portugal, ont réduit les traitements de leurs fonctionnaires et les pensions de leurs pensionnés. Les acitivités "marchandes" étaient suffisamment touchées, mais il n'était pas question de les achever. Convaincue de faillite frauduleuse, la Grèce a été contrainte de faire de même,   et, en plus, de taxer réellement ses activités marchandes, ce qu'elle ne faisait pas.

En France, tous les sacrifices sont demandés aux activités marchandes. Et si "elles" peuvent moins, l'État leur demande "plus". Tout en jurant ses grands dieux qu'Il ne pense qu'à leur bien être. En 2014, les français non-fonctionnaires travailleront pour l'État deux jours de plus qu'en 2013. Il ne manque plus que trois jours pour faire 7 mois complets.

Ce qui m'aurait frappé, il y a encore deux ans, c'est que sous ce quinquennat commencé en 2012, un Ministre annonce de son Ministère la politique qu'il a décidée, et qu'il ménera dans le domaine qui lui a été attribué. Un Ministre est, en quelque sorte un clone du Président. Pour sa part, Arnaud Montebourg en est convaincu. Il ne lui a manqué que 33% des voix au premier tour des primaires. Il y était presque!

Je suis maintenant blasé, et je me rassure en ayant constaté à maintes reprises que le Premier Ministre, ou même le Président en personne, mettait le grand projet dans un placard. Mais que de bruit pour rien! Comment la confiance pourrait-elle revenir, dans ce foutoir?

Sceptique

*Nombre aproximatif, mais euphonique

**Il y en avait trois, il y a quelques années. Les deux autres sont partis à la retraite sans trouver de successeur.

***À chaque consultation, une fois par an, ou moins, l'ophtalmologiste commence par vérifier l'état de l'oeil, la rétine, la tension oculaire, la transparence du cristallin. Il ne passe à l'acuité visuelle et à ses corrections qu'en dernier. Cette dernière partie pourra être assurée par les opticiens pour tous les citoyens sachant lire (il y en a encore). Ce n'est pas l'obsession de la prévention qui poussera les français à consulter le spécialiste. 

Rassurez-vous, chers lecteurs et malades qui s'ignorent, Excalibourre va se tordre au premier coup!