Pendant quelques siècles, la piraterie pratiquée par les conquérants arabes du Maghreb, a fait des prisonniers par milliers, réduits en esclavage jusqu'à ce que mort s'ensuive. Dès cette époque, des ONG religieuses réunissaient des fonds pour en racheter, les rendre à la liberté. "Elles" se faisaient les intermédiaires des familles fortunées, et il était donc plus sûr, pour les victimes de "bonne famille", qu'elles leur soient rendues.

La "dépacification" de ces régions, l'apparition de guerres civiles et religieuses, de leurs besoins en "nerf de la guerre", a fait réapparaitre les captures de voyageurs imprudents, parfois dans la seule intention d'en tirer une rançon, d'autres fois, en raison de leur appartenance à une nation soutenant le gouvernement légitime, combattu par le groupe armé. 

Dans ce cas précis, il est impossible au gouvernement "interpellé" de renverser ses alliances, et de signifier au gouvernement légitime (sans trop entrer dans les détails), qu'il adhère désormais aux thèses des rebelles. Qui seraient par ailleurs bien embêtés d'avoir à libérer leurs otages, sans contrepartie.

Il n'est pas impossible qu'un atavisme, qu'un marquage profond par l'histoire, incite les nations européennes, riveraines de la Méditerranée, à payer des rançons pour récupérer leurs otages, en vie. Les méthodes vengeresses, si elles soulagent la rage, sont souvent fatales aux otages.

Comme la pratique des rançons heurte la morale des purs ou des non concernés, comme, aussi, il ne s'agit pas de payer à tort des escrocs, le processus qui aboutit à la remise des otages est long, compliqué, et doit être secret. Ce sont les fonds de même nom qui servent. Ils ne figurent pas sur les budgets, n'apparaissent ni dans le "Monde", ni sur mediapart. Officiellement, il n'y a pas de rançons, mais il n'y a pas de risque à se tapoter le menton, même en public.

Surtout depuis que "ses" otages servent de munitions à l'État Islamiste, le Président Obama lâche ses reproches au nôtre, François Hollande, qui paye, en le niant. 

Les derniers à comprendre ce déni sont les français, dont peu désapprouvent le principe de payer des rançons, pour écourter les souffrances des otages et de leurs familles. Les campagnes organisées pour maintenir la solidarité avec les otages ne pourraient s'éterniser sans que jamais un heureux dénouement n'intervienne. Du côté des preneurs d'otages, on imagine la valse hésitation entre la cession contre espèces, qui ouvre une période propice à une vengeance, et la prolongation de la rétention, dont les conditions sont dures, et ne peuvent être supportées par les plus âgés et les plus faibles. La mort de l'otage, même si elle est annoncée comme une exécution, est une perte sèche pour les ravisseurs.

Avouer qu'on paye fera monter les prix et suscitera des vocations, objectent certains. C'est un argument discutable, car le secret est de Polichinelle pour tout le monde.

Par contre, on en ressent que davantage le manque de drones et autres bombes téléguidées.

Sceptique