C'est l'étonnante question que pose  l'éditorial du "Monde", daté du 16 Septembre 2014. Les dispositions que prépare Bernard Cazeneuve, Ministre de l'Intérieur, et qui s'inséreront dans une loi, visent ce phénomène croissant que sont les radicalisations de jeunes musulmans français, qui partent, garçons ou filles, en Syrie, pour participer au "djihad", contre le régime hérétique de Bachar El Assad.

Formés la-bas à tuer les ennemis de la vraie foi, ils sont susceptibles de revenir en France, animés de la volonté de continuer leur lutte contre leur nation, qu'ils ont appris à détester. S'il semble que les filles doivent se contenter d'être le repos d'un guerrier ou cantinières d'un certain nombre, leur frustration de ne pas combattre pourrait être sublimée sous la forme d'un attentat-suicide. Les exégètes opportunistes du Coran leur promettent, exceptionnellement, le paradis réservé aux guerriers mâles.

Les derniers faits de cette faction islamiste démontrent qu'elle se considère en guerre contre l'Occident impie. Il me semble que notre État doit en prendre acte. Il l'a toujours fait à l'occasion de guerres précédentes, et sa mission de protéger les habitants de la France n'a pas été supprimée.

Cette protection passe par une évaluation précise du danger, et, si possible , préventive. "On" juge sévèrement, à juste titre, les états qui se laissent surprendre par une action de guerre. "Ils" réagissent", en retard, par un renforcement de la prévention, c'est-à-dire, de l'information, par la surveillance des moyens utilisés pour préparer les actions. Internet est devenu un des principaux moyens, entre autres de l'information et de l'embrigadement des futurs djihadistes. "ils" vont voir ce qu'il en est, posent des questions auxquelles "on" s'empresse de répondre. Il ne s'agit pas d'une administration: "Ils" répondent avec empressement.

Les quelques faits de terrorisme qui mettent en émoi nos sociétés contemporaines, sont toujours la conséquence d'une faille dans le système de contrôle préventif. Défaillance humaine, parfois, défaillance du "filet" juridique ou administratif, dans les autres cas. Celui qui s'est institué discrètement, intimement, ennemi de notre société, peut être en même temps inventif. "Il" va chercher à surprendre l'ennemi. C'est de bonne guerre, sacrée, ou non.

Le dépistage des amateurs de pédo-pornographie a rencontré plus de consensus que celui des apprentis djihadistes. Parce qu'en amont de ce voyeurisme, il y avait une "matière première", la prostitution enfantine. Dans le problème qui concerne notre sécurité, il y a un apprentissage du meurtre.

Il circule sur le net des tombereaux d'injures diverses, des flots de bobards, de haine, de sottises. Sans conséquences pour la paix et la sécurité de nos sociétés. Il y circule aussi des propos sans tendresse pour les hommes et les doctrines au pouvoir. La liberté des internautes est respectée. Mais si des projets suspects y sont élaborés, même en termes hermétiques, ils échappent rarement à nos services de sécurité, dont l'action restera discrète. 

Sceptique