La victime semblait attendue. Cueillie dans une voiture, arrêtée par un barrage. Filmée par ses ravisseurs, et promise à la mort, si....

Le lendemain, nouvelle video, montrant son exécution méthodique. En introduction, un extrait du discours de François Hollande annonçant la participation de nos avions basés au Qatar, et quelques images de Rafales. Du travail de pros.

La guerre nous est ouvertement déclarée. Le champ de bataille couvre l'Afrique jusqu'au Sahel, le Moyen-Orient, et l'Europe. Il va falloir l'assumer, dans l'unité, en arrêtant de chercher les fautes ou les mauvais choix faits par les uns ou les autres. Notre adversaire s'en prend à ce que nous sommes, plus qu'à ce que nous avons fait. Car c'est ce que nous sommes qui constitue une menace pour eux, pour la tyrannie du mensonge qu'ils veulent imposer.

Il n'y a rien d'anormal à ce que l'effet de surprise ait commencé par donner le premier avantage à l'organisation fanatique. Nous en avons une copieuse expérience historique. Nous avons aussi l'expérience des récompensenses reçues de notre résistance, de notre sang froid, de la défense de nos valeurs. 

Même sur notre propre territoire, notre défense contre des actes de guerre isolés ne sera pas improvisée. Elle a déjà des bases solides. Mais pour ne pas étouffer nos libertés, elle ne peut pas être de béton, ou d'acier. Un Merah ou un Nemmouche pourront donner de douloureux coups d'épingle.

Notre État a beaucoup de défauts. Son dogmatisme lui a fait commettre des erreurs qui se traduisent par notre stagnation économique. Mais il n'a pas refait celle de l'angélisme, et n'a pas jeté à la corbeille l'appareil sécuritaire légué par Nicolas Sarkozy. Sur ce point, il n'a pas cédé aux nombreux candides qu'il compte dans ses rangs.

Nous devrons pratiquer une guerre sans haine, pour les communautés dont nos terroristes sont issus cette fois-ci. Ils n'en constituent qu'une infime minorité, réellement désapprouvée, vécue comme un danger, une menace pour les libertés qui font notre attractivité.

Nous avons notre calendrier politique qui nous offrira la possibilité de reconstituer la cohérence de nos actions politiques et économiques, perdue en 2012. Aucune précipitation bousculant nos institutions n'est indispensable. Peu à peu, le pragmatisme s'impose, et un état de guerre subversive contribuera à sa priorité.

"Toujours raison garder". Il faut se le rappeler.

Sceptique