À première vue, en raison des malheurs, des tueries, des destructions, qui leur sont associées, "elles" sont toutes mauvaises. Pourtant, il s'en déclenche ça ou là, plus d'une par an. Beaucoup restent inconnues à l'homme "ordinaire", uniquement soucieux de sa propre existence et de celle de sa famille. Leur catalogue est tenu par les diplomates, les services de renseignements, les marchands d'armes.

Y réagir, y participer, éventuellement, constitue la première tâche d'un chef d'état, à partir d'un certain niveau de responsabilité internationale du dit état. Le cas de notre pays, la France, est particulier, pour nous. Il n'est pas de chef de notre état qui n'affirme que la France est une puissance ayant une responsabilité internationale. Il en résulte que chaque conflit d'une certaine importance oblige le chef de notre état, du moment, à se poser la question de notre position.

"Il" dispose des pouvoirs constitutionnels pour en prendre la décision seul, n'ayant à en rendre compte à la représentation nationale qu'après-coup. Si personne ne s'est étonné de voir le bouillant Nicolas Sarkozy monter au front diplomatique pour arbitrer des conflits manifestement "étrangers", il n'en a pas été de même, quand celui qui s'est décrit comme l'anti-portrait de son prédécesseur s'est glissé dans les habits de Zorro.

Que ce soit au Mali, en Centrafrique, ou, maintenant, en Irak, j'ai approuvé ces interventions, engageant la responsabilité de la France (ex-AOF) ou son éthique (atrocités commises par l'E.I. en Irak et en Syrie). Mais ces interventions ne font plus, depuis longtemps, l'unanimité, que ce soit à gauche, associée politiquement au Président François Hollande, ou à droite, traditionellement plus belliciste. 

Car, maintenant, la droite se partage entre la reconnaissance de notre faiblesse réelle, économique et financière, principalement, et le devoir de tenir notre rang hérité de l'histoire. Son pacifisme est fait de résignation, tandis que celui de la gauche est une passion plus complexe. La difficulté de faire le tri, "a priori", entre les "bonnes" et les "mauvaises, se conclut par la condamnation initiale et générale des conflits, et de nos interventions. 

J'entendais, il y a quelques heures, un député UMP critiquer notre engagement contre l'E.I., ou "Daech", pour "son défaut de stratégie". Notre adversaire a une stratégie: la reconquête, pour commencer, du Califat de Bagdad, coeur des terres d'Islam, et de là, celle du monde entier, converti de gré ou de force, pour réaliser le projet d'universalité de cette ultime révision de la Religion du Livre, dans sa version la plus absolue.

Il est vrai que nous ne nous attardons pas à cet aspect utopique du projet, dont le succès n'est imaginable que par ses auteurs, et encore? Les responsables à l'échelle mondiale ne se préoccupent que de contenir, dans un premier temps l'offensive de Daech, puis, dans un deuxième temps, de "libérer" les populations tombées sous la coupe de ces fanatiques. Ou, plus exactement, de les aider à se libérer, en donnant un appui décisif à leurs forces combattantes, bousculées et massacrées par les envahisseurs.

Alors, effectivement, on peut dire que nous n'avons comme stratégie que celle d'empêcher la réalisation de celle de l'envahisseur islamiste. Disons encore que les ambitions occidentales sur l'Empire Ottoman, à la suite de la première guerre mondiale, ou celles de George W. Bush, d'y installer la démocratie à l'américaine, sont hors de question. Un "retour à la case départ", telle qu'elle était avant l'intervention de 2003, fait encore partie de nos souhaits, mais sans garantie qu'ils soient exaucés. Ce n'est pas une condition "sine qua non"!

Il vaudrait mieux, je pense, que les peuples du moyen-orient "disposent d'eux-mêmes", sans s'occuper de nos préférences, et ne se considèrent pas engagés par nos découpages des années 20 du siècle précédent. L'essentiel est que chacun puisse vivre librement et dans la sécurité, sa culture et sa religion.

Sceptique