On ne prête des idées saugrrenues qu'à ceux qui en ont des tomberaux. Les médias sont revenus, ces derniers jours, sur l'idée prêtée à François Hollande d'étendre la redevance de la télévision, dédiée au financement des chaines publiques, à la possession d'un ordinateur ou d'une tablette.

C'est une rumeur récurrente. Le regard concupiscent de nos grands argentiers, ou de leurs fidèles serviteurs, sur nos gadgets électroniques, au pouvoir addictif, n'a pas attendu l'an 2012. L'évocation par l'audacieux de ce filon, doit déclencher une salve d'objections. 

Déjà, l'existence, minoritaire, d'une télévision publique, ne doit pas être très fréquente dans le monde "libre" d'aujourd'hui. Autant il est logique qu'elle soit la seule dans les pays tenus par un dictateur ou un parti communiste, autant son maintien dans un contexte de concurrence avec des chaines "commerciales" ne peut être que l'effet d'une conviction, celle d'une "honnêteté" congénitale d'une télévision publique. 

C'est ainsi qu'en France, le financement de cette télévision publique est obligatoire, qu'on la regarde, ou pas. Les autres se financent avec des "publicités", que le téléspectateur doit ingurgiter, que ça lui plaise, ou non. Il choisit sa chaine en fonction de ses goûts, laisse passer la pub, et savoure ensuite sa "série" ou son match.

L'audience est déséquilbrée en faveur de la télévision commerciale. Les ténors de la vie politique, de tous bords, savent qu'il doivent chercher de l'audience de son côté. Les clients s'intéressent à la vie politique, même entrecoupée par des messages publicitaires.

La télévision publique est présumée être le porte-parole du gouvernement. Avantage? Ou inconvénient? Le mauvais esprit des français fait pencher vers l'inconvénient. Sur les chaines commerciales, les émissions politiques sont dirigées par des journalistes. Qui semblent formatés pour l'exaltation du masochisme, "incontournable", si "on" veut un peu d'audience.

L'autre avantage présumé de la télévision publique est son éclectisme en matière de culture. Il serait de meilleure qualité car non racoleur. Malheureusement la recherche de la souffrance et de l'ennui des spectateurs a retenti sur l'audience, nécessaire à l'amour-propre des hommes et femmes de télévision. Un retour vers un minimum de fourniture de plaisir aux téléspectateurs a rapproché le public et le privé. La "pub" étant limitée, les frais de production étant plus élevés, la redevance est nécessaire au financement de la télévision publique, dont une partie est locale.

Tous les possesseurs d'un ordinateur n'ont pas un accès à Internet d'un débit suffisant pour recevoir la télévision, ou des films, sur leur écran. Ils payent un abonnement à leur fournisseur d'accès, et la TVA! Il y a peu de chance qu'ils privlilégient le service public. Leur taxation forfaitaire serait injuste. Déjà, la possession de plusieurs téléviseurs chez soi ne multiplie pas d'autant le nombre de redevances à payer. Il parait inconfortable de regarder sa télévision et son ordinateur ou sa tablette, en même temps.

Ou c'est une mauvaise blague, ou il s'agit de faire fric de tout écran!

Sceptique