L'élaboration de ce billet a été difficile. Comment introduire de la raison dans ce mélange fait pour faire peur, fait pour se donner le sentiment "qu'on est les plus forts", pour faire admettre par les "autres" qu'il ne leur reste plus qu'à se coucher?

Remettre, pour y parvenir, le calendrier dans les années 6 ou 700 de notre ère, est la première illusion de ces rêveurs de solution finale.

Il vaut mieux, pour placer les faits dans leur dimension réelle, se tourner vers l'histoire du monde des deux siècles qui ont précédé le présent, et la comparer à ses crises plus anciennes. L'accélération de l'histoire se révèle pleinement, les puissances les plus fières, les plus radicales, sont éphémères, s'écroulent, sont effacées. 

La conquête de ce qui restait à conquérir, par un Occident gonflé à bloc par la révolution industrielle et ses progrès technologiques, n'a duré qu'un siècle. Seuls ses modèles économiques et technologiques ont survécu. 

Les aventures des pays de l'Axe, Allemagne hitlérienne, Italie mussolinienne, Japon militariste, ont duré dix ans, en gros.

Le communisme, qui voulait faire un homme nouveau, reconditionné, a fait une assez belle carrière. 70 ans, pour les plus tenaces. Il passe actuellement par une phase oligarchique, régulée par les rapports de force entre les héritiers. Du rêve initial il ne reste rien.

Les anciens empires arabe et ottoman ne connaissent pas encore la paix pour deux raisons: la présence de l'état d'Israël, la quasi exclusivité de la production de pétrole. La religion est le meilleur ciment identitaire, la meilleure arme morale. Sa faiblesse est d'être divisée entre l'islam historique, orthodoxe, le sunnisme, et une branche tôt séparée de la première, le chi'isme. Le conflit radical, entre les deux, ou leur surenchère, dans leur lutte contre Israël et ses soutiens, contribuent à l'état de guerre permanent qui plombe le moyen-orient. De part et d'autre, l'attente d'un choix clair par le dieu commun, en faveur du plus valeureux, compromet l'apaisement ou l'alliance sans arrières pensées.

Comme c'est la branche sunnite qui fut à l'oeuvre lors de l'expansion initiale de l'islam, il est logique que ceux qui se réfèrent à ce passé glorieux le soient aussi. Leurs buts de guerre sont la reconquête,prolongée à l'ensemble du monde, et la purification ethnique et religieuse, oubliée, et source des ennuis actuels, par les premiers conquérants, trop pressés.

C'est pourquoi la guerre totale menée par l'E.I. (ou l'O.E.I.) est à la fois anti-occidentale et anti-hérétique. L'occident, gravement provoqué par l'assassinat de ses journalistes ou de ses humanitaires, ne peut rester les bras ballants. Si des premiers succès de ces combattants fanatisés, sont possibles, leur victoire finale, qu'ils espèrent, ne l'est pas. 

Pour le moment, nous n'engageons que nos forces aériennes, en soutien de ceux qui sont en position défensive face à ces nouveaux conquérants. Notre persévérance finira par inverser le rapport de forces.

Notre opinion est globalement défaitiste, malgré son sentiment d'horreur , et sa solidarité avec les victimes musulmanes en première ligne. Il faut pourtant nous réconforter de la réaction nettement majoritaire des musulmans vivant en France et en Europe. Si quelques exaltés ou prosélites partent, individuellement, rejoindre le "djihad", les immigrés, qui ne changeraient pas leur vie contre celle de leurs ancêtres, font parler leur raison. Ils condamnent cette dérive et ses crimes.

Sceptique