Les ravages commis par le virus Ébola en Afrique de l'Ouest, parmi les populations pauvres, dépourvues de moyens médicaux et d'hygiène, ont mobilisé progressivement les ONG vouées à la misère du monde, puis leurs bases dans leurs pays d'origine, soucieuses de sauver leurs soignants contaminés et en danger de mort, et, enfin, les états concernés, effrayés par la menace sur leur population, leur panique possible," au cas, où?"

Il y avait, sur place, des cas de guérison, "naturelle". D'adultes atteints, seulement. Les enfants mouraient, tous. Des soignants autochtones, en grand nombre, aussi. Le virus détruisait les communautés, les familles. Toutes les interprétations ravageuses étaient possibles, y compris le déni, ou un complot des "blancs".

Dans la discrétion, pour ne pas affoler les populations, les "autorités" sanitaires faisaient préparer les chambres "spéciales", destinées à accueillir des rapatriés atteints, et les moyens de protection des soignants.

La dernière étape fut la guérison, "arrachée" de haute lutte, de quelques soignants contaminés, et rapatriés. "On" avait mis à l'épreuve, à leur profit, tous les moyens encore au stade de l'étude, devenue, on le sait ,d'une prudence enfonçant celle des Sioux, tellement l'opinion, travaillée par les obscurantistes, était encore prompte à dénoncer n'importe quelle science, la médicale n'étant pas la dernière.

Pour le coup, les médias avaient renversé la tendance. Les nouvelles en provenance d'Afrique donnaient à réfléchir. Il n'y avait pas de panique générale, mais quelques incidents isolés, et affligeants. 

Les soignants ont maintenant à leur disposition les moyens  répertoriés par leurs gouvernements, sortis des services de recherche des états, ou des firmes pharmaceutiques, rassemblés, sans "chichis", pour cette cause majeure. 

En quelques semaines de mobilisation, "on" a déjà la conviction que le fléau ne pourra prendre pied hors d'Afrique. Le dépistage, la prévention, le traitement, ont fait des bonds impressionnants, sous des haies d'honneur. Les protestations et les insultes se sont cachées.

Ce revirement m'a rappelé la mobilisation scientifique qui s'est faite, il y a bien trente ans, maintenant, face au développement inquiétant du SIDA. Les mesures de prévention, le développement des anti-rétro-viraux, ont été très rapides, tout en n'étant pas déterminants. Le fléau est contenu, mais non éradiqué, et les comportements à risque entretiennent la présence de la maladie dans les sociétés développées. Le coût du traitement, lentement dégressif, est toléré, malgré "la crise".

Le cas du virus Ébola ne sera sans doute pas comparable. La mobilisation de la science, ,encore bien présente dans les sociétés développées, devrait aboutir à une prévention vaccinale efficace.

La peur n'est pas toujours mauvaise conseillère. Meilleure que l'oubli, c'est sûr.

Sceptique