"Eppure, se muove", pourrait-on dire, après Galilée, de cette réalité. Chaque situation sérieuse en réveille ou en fabrique "ex nihilo", un certain nombre, qui fait du bruit pour dix ou cent fois plus. Pour rien, comme l'aurait écrit William Shakespeare.

Pour certains, c'est une conviction idéologique ferme et durable, malgré l'absence de mise à l'épreuve concrète de l'utopie, dans l'histoitre contemporaine, qui embrasse le siècle dernier. Aucun système politique, même obsédé par le respect obséquieux de l'individu, ne trouve grâce à leurs yeux. Le simple fait d'exiger de traverser dans les clous est une offense à l'homme libre.

Les sociétés, qui en prennent "plein la gueule", de leur part, ne peuvent qu'être intolérantes. Mais en plus, l'Histoire les condamne. Ils font gentiment (par comparaison avec ce qui les suit), le lit des pires dictatures, dont ils sont les premières victimes. Il y a toujours des totalitaires pour retirer les marrons du feu.

L'anarchiste est il un homme particulier, un homme "à part"? Ou un homme qui a "mal tourné", pour des raisons aléatoires? Je pense que nous en portons tous le germe, que la mini-société qui nous accueille, notre famille, nous "emmerde" vite, et nous la lui faisons savoir sans délai. Et sa réaction nous fait entrevoir ce qui va suivre.

Reste-t-il des traces de ce noyau anarchiste, legs de l'enfance, chez l'homme adulte et apparemment "rangé". Demandez-lui ce qu'il pense des radars, que la Société a disposés le long des routes? Il vous répondra à 90% que ce sont des "machines à sous", qui le privent à la fois de l'ivresse de la vitesse et d"une partie de ses revenus.

Ce vécu persécutif de "la Société" est plus que "très répandu" dans la nôtre, la française. Il faut reconnaître que notre mauvais rapport à la liberté, plus particulièrement à celle des "autres", se retrouve dans notre vie politique. Les "majorités" ne savent pas quoi inventer pour faire sentir à la minorité son état...de minorité, justement. La haine ne retombe jamais.

Notre situation économique est elle un facteur favorisant l'expression anarchiste? Évidemment. Peu d'hommes,  de tous âges, en comprennent les raisons, et encore moins l'impuissance de ceux qui affirment tenir la barre et les manettes. On peut donc comprendre que d'aucuns en arrivent à penser que l'absence d'un gouvernement ne pourrait pas être pire. "Ils" le disent, et le mettent en actes, sourds à l'avertissement que, même "sociale", la nature a horreur du vide.

Avec un chômage à plus de 10%, en moyenne, ce qui fait nettement plus pour les jeunes et pour les "seniors", les effectifs de jeunes, qui ont de l'énergie à revendre, sont disponibles. Toutes les causes peuvent recruter. Leurs appels sont entendus. Grâce à la solidarité des familles, et à la disponibilité habituelle de nos moyens de transports, les bataillons de lanceurs de coktails Molotov se déplacent plus vite d'un front à l'autre, que ceux de Napoléon.

Comme ne n'est pas "demain la veille" que les hommes placés au pouvoir pourront inverser sensiblement notre situation économique, et la sociale qui en résulte, les occasions de violences rurales et urbaines ne manqueront pas. Aucune réflexion préalable ne sera indispensable. Les mobilisations se feront "la fleur au fusil", car elles rompront l'ennui. Sentiment naissant de celui d'impuissance, mais tout aussi bien du plein emploi.

Sceptique