Femme de qualité, personnalité en vue de l'UMP, convaincue, mais sage et modérée, Valérie Pécresse a décidé de croiser le fer avec Rachid Nekkhaz, ancien responsable socialiste, ayant récemment renoncé à la nationalité française, pour adopter celle à laquelle il avait également droit, l'algérienne.

Il a conservé, cependant, un visa permanent, puisque sa principale occupation est de venir payer, cash, en beaux billets de cent euros, visibles dans sa main, les amendes encourues par les adeptes du nikab ou de la burqa, mis sous le nez de nos policiers, dans l'espace public. Les cérémonies se passent, je pense, sur le perron des trésoreries générales, où elles viennent payer leur contravention. Elles se font photographier au moment de la remise de la monnaie.

Il assure avoir le plus grand respect pour nos lois, et en particulier pour cette loi de 2011 interdisant de masquer le visage dans l'espace public, de quelque manière que ce soit. Son objection, telle que je la reconstitue, est que la rue est plus que l'espace public, c'est le symbole universel de la liberté*.

Valérie Pécresse voit l'affaire comme une provocation, une contestation de nos lois, et de la justice qui les applique. C'est vrai, mais, en ce moment, l'essentiel est que ce bel argent arrive dans les caisses de l'État. Il n'y a pas de profit négligeable. L'abstention de payer entraînerait des frais mangeant le bénéfice. En fait, mince.

Si monsieur Rachid Nekkhaz a du plaisir à payer des impôts qu'il ne doit plus, je ne vois aucune raison de le contrarier. Apparemment, si j'en crois une récente affaire d'une toute autre échelle, l'essentiel, pour le Trésor Public, c'est d'être payé, peu importe par qui.

Il n'y aurait, selon les derniers comptages que 2.000 femmes s'obstinant à porter le voile intégral dans la rue. À l'intérieur de leur maison ça n'aurait aucun intérêt, ni pour elles, ni pour Mr Nekkhaz.

Longue vie, et prospérité, à ce saint homme. Quand il sera fauché, nous nous ennuierons.

Sceptique