Hier matin, la prolongation de la réunion des chefs d'État, protagonistes du conflit ukrainien, et arbitres européens, soucieux de ramener la paix civile dans ce territoire déchiré, et le silence inhabituel des médias, laissaient prévoir un échec. Mon commentaire était ajusté à cette dramatique réalité.

Je fus démenti quelques minutes plus tard par l'annonce d'un accord. Qui, à condition d'être respecté, paraissait prometteur d'une accalmie, et, surtout, d'un arrêt de l'appui massif de la Russie à des partisans ukrainiens. 

Angela Merckel ne dissimulait pas ses doutes. Mais notre Président François Hollande, d'une fraicheur étonnante au sortir d'une nuit de négociations, semblait sincèrement satisfait.

Sans doute ignorait-il que pendant la nuit, un certain nombre de blindés avec leurs équipages avaient franchi la frontière russo-ukrainienne, créant un fait accompli de renforcement du camp anti-ukrainien.

Le rapport qu'il en présenta à Bruxelles, devant les chefs d'État de l'Union, fut nettement plus prudent. "C'est un espoir", rappela-t-il*.

Et la presse écrite de ce matin est partagée. Pour deux quotidiens, "c'est Poutine qui a gagné." Ce qui insinue que les autres ont été blousés.

Si c'est le cas, si cet accord n'est qu'un "chiffon de papier", cela voudra dire que le maitre de la Russie en reste à la satisfaction de son ambition de restaurer l'Union Soviétique ou l'Empire russe, et que cela passera par la soumission de toute l'Ukraine. Il ne lui sera pas permis de se tourner économiquement et affectivement vers l'Union Européenne, tout en respectant sa neutralité entre les partenaires d'une guerre froide réactivée. Poutine ne veut faire aucune confiance dans l'obéissance d'une Ukraine libre, et mènera son action jusqu'au bout, avec suffisamment de dissimulation pour ne pas donner de raison d'intervenir à l'ennemi américain.

Y aura-t-il une étape suivante? Engloutir "manu militari" les états baltes sous prétexte de minorités russophones à protéger fait partie des hypothèses. Et les "kriegspiels" de ses stratèges en studio (de télévision) voient déjà les chars russes à Berlin, et de là jusqu'à Brest (Finisterre), tandis que la marine écrabouille New-York!

"Si vis pacem, para bellum!" Il nous faudra sortir de notre angélisme et nous préparer à contenir cette ambition là, aussi, en plus de celle des djihadistes. L'homme est bien éternel...de bêtise.

Sceptique

*Les "Mistral" restent sous séquestre, jusqu'à nouvel ordre.