Je suivais, il y a quelques instants, un reportage de France 24, sur la situation particulière d'une enclave espagnole en territoire marocain, Ceuta. Ceuta et Mellila sont restées espagnoles "à l'ancienneté", car leur prise de possession est très antérieure à la mise sous protectorat du Maroc à la fin du dix-neuvième siècle, partagé avec l'Espagne....pour l'amadouer.

Pour mémoire, cet acte de "protectorat" était motivé par l'impuissance du gouvernement marocain dans ses territoires frontaliers avec l'Algérie, que la France avait annexée, et entendait pacifier. Ce qui nécessitait que le Maroc, d'un côté, la Tunisie, de l'autre, soient souverains jusqu'à la frontière.

Puisque ces deux états n'y parvenaient pas, la France leur imposa un "protectorat", permettant aux armées françaises de s'en occuper, sur leur territoire.

Les deux protectorats imposés au Maroc prirent fin avec l'indépendance retrouvée. Mais les espagnols ne cédèrent pas aux prières insistantes du Maroc. Leurs enclaves furent maintenues.

Elles sont peuplées d'espagnols, chrétiens, et de marocains, musulmans.

Mellila est plus connue, car sa superficie et ses facilités d'accès en font le but privilégié des migrants africains qui espèrent y poser le pied et bénéficier immédiatement des lois européennes de protection des réfugiés. Mellila est devenue un camp de concentration, dont les barbelés ont pour nécessité d'empêcher d'y entrer!

Ceuta ne présente pas cette facilité, mais sa population marocaine serait devenue l'abri des candidats au djihad au moyen-orient. La "fermentation" se produirait sur le territoire marocain, mais les recrues transiteraient par Ceuta, grâce à la complicité de familles "sympathisantes". Dont s'occupent les policiers espagnols, chargés de la lutte de l'Union Européenne contre ce phénomène, qui a l'inconvénient de donner une formation militaire et idéologique à des jeunes, qui, s'ils ne se font pas tuer, ont des démangeaisons de prolonger leur combat contre les populations non musulmanes de leur pays de naissance.

Si je consacre un billet à cette affaire lointaine et banale, c'est en raison de l'étonnement provoqué par la présence dans la dernière prise de la police, d'un jeune homme "bien sous tous les rapports", méritant "le bon dieu chrétien sans confession". Employé modèle d'une "bodega" de la ville, il faisait son travail à la satisfaction de sa patronne, "servant les alcools et préparant les sandwichs au jambon, sans mettre de gants"!

Ça m'a rappelé tout ce que nous avons appris après 1945 des conditions de la résistance, le secret, les pseudonymes, les messages codés, l'avantage de paraitre le plus bête possible, j'en passe. L'essentiel était d'avoir très peu de pertes , de sauver une partie des réseaux en cas d'arrestation d'un ou plusieurs de ses membres.

Si les moyens de surveillance de la police moderne se sont considérablement améliorés, il importe toujours à ceux qui ont à la craindre d'améliorer la protection de leurs secrets, de ne rien faire qui attire l'attention de quiconque. Il peut arriver à chaque citoyen européen d'aujourd'hui d'avoir pour voisin ou collègue de travail un terroriste, dont il sera surpris d'apprendre le passage à l'acte, l'arrestation, ou la mort sous les balles de la police.

Le progrès réel de nos sociétés est que "la" police se débrouille toute seule*, qu'elle n'a plus besoin des lettres anonymes ou des infiltrations d'agents doubles, comme au bon vieux temps!

Sceptique

* Le besoin impérieux des terroristes de se répandre sur internet, ou de s'abreuver de bonne pensée, l'aide beaucoup.