C'est une découverte que je viens de faire, car la question vient de nourrir les rédactions des télévisions et peut être des journaux: il n'était plus obligatoire, depuis...2013, de payer ses factures d'eau. On les recevait, certes, mais si on ne les payait pas, l'interruption de la fourniture était interdite au fournisseur.

Ça arrivait quand même de temps en temps, quand le fournisseur était une société privée, sous contrat avec la commune ou communauté de communes. Si la distribution était sous régie de la collectivité locale, cette dernière n'avait pas d'argument pour ne pas respecter la loi. Il ne lui restait qu'à calculer le prix du mètre cube en fonction des défaillances recensées, pour faire payer les couillons, nettement majoritaires, heureusement.

Avant la généralisation de l'eau courante, à tous les étages, dans les villes, à le campagne, jusque dans les fermes isolées, bien plus tard, l'eau était gratuite, à condition d'aller la chercher soi-même. Les fermes disposaient de leur puits. Les gens riches payaient des pauvres pour leur apporter l'eau.

Notre pays ne manque pas d'eau, ne risque pas d'en manquer à court terme, mais c'est maintenant une fourniture, dont la pureté chimique et bactériologique est garantie. La quantité consommée est libre, à la convenance du consommateur. Il indemnise le service public à hauteur de sa consommation. Les mauvaises surprises l'invitent à vérifier son installation particulière, après compteur, dont il est responsable.

Notre histoire politique fait alterner les Grincheux et les Joyeux, les premiers, sévères et radins, les seconds, bons et généreux, le coeur sur une main et l'autre puisant dans les poches. Ce sont encore les Joyeux qui sont au pouvoir, mais ils ont de plus en plus de mal à trouver de quoi distribuer. Vont-ils, contre leur coeur, devenir à leur tour sévères et radins? C'est la question insistante du jour.

Avec l'accord de la Ministre de l'Environnement, ex-candidate à la Présidence de la République, ex-Présidente de la Région Poitou-Charentes, un sénateur dévoué a réussi à faire voter un amendement mettant fin à l'interdiction de la coupure d'eau pour les mauvais payeurs. SCANDALE, CRIS ET HURLEMENTS.

Le gène militaire avait fait fait parler sévèrement la Ministre, le gène démagogue l'a fait se démentir et évoquer le rétablissement de l'indulgence. La question du bénéfice politique ressurgit. La mesure de 2013 n'a pas empêché la dégringolade, son rétablissement en 2015 sauvera-t-il le quinquennat? 

La politique est vraiment un (sale) métier!

Sceptique