On ne sait pas trop comment définir ce pays dans l'histoire du monde. Une forteresse, imprenable, ou une prison, sans barreaux. Imprenable, le monde occidental vient d'en faire l'expérience, après les anglais il y a près de deux siècles, et les soviétiques, dont l'humiliation a été fatale au régime. 

Dans les pas des américains allés punir les talibans d'avoir couvé les terroristes du 11 Septembre 2001, nous sommes allés soutenir leur effort pour arracher ce pays à l'emprise de cette version fanatique et obscurantiste de leur religion. Force est de constater que nous n'y sommes pas parvenus, et que les opinions des pays engagés ont sélectionné leurs dirigeants en fonction de leur avis sur cette grave question.

Nous avons installé et protégé un gouvernement élu le plus démocratiquement possible, et nous croisons les doigts pour qu'il ne soit pas dévoré tout cru par les talibans toujours actifs, jusqu'aux portes de Kaboul. Bien que les afghans soient, par tradition, des guerriers, l'aide d'un fanatisme est un plus, qui fait la victoire.

J'ai déjà soulevé le problème des interprètes afghans qui ont aidé nos soldats. Mon souhait est qu'ils soient tous admis en France avec leur famille. 

Le Monde, dans son éditorial du 8 Mars, se préoccupe du sort des femmes, que la coalition anti-taliban a libéré des mesures prises contre elles par les obscurantistes. Les filles sont allées à l'école, des femmes ont exercé des professions interdites, ont assumé des fonctions politiques, ont été recrutées dans la police. 

Tant qu'il restera une force occidentale sur le sol afghan, soutenant le régime démocratique, les risques ne sont pas majeurs, malgré quelques assassinats. 

Mais si les talibans reprennent le pouvoir, "ils" s'occuperont des femmes émancipées, que par prudence, ils liquideront. Nous avons de quoi nous inquiéter et être rongés de remords.

Quelles solutions dignes les occidentaux ayant participé à la coalition peuvent-ils adopter? D'abord laisser leurs armes à celles que nous avons armées. Ensuite, ne pas mégoter sur l'accueil de celles qui le demanderont.

C'est tout, en fait. Nous n'avons aucun moyen de pression sur les dirigeants actuels, et nous en aurons encore moins sur les éventuels vainqueurs qui les auront chassés. Les voeux pieux seront sans effet.

"Vae victis", hélas!

Sceptique