L'histoire s'achève par une mort, celle par suicide de l'ancien maire de la ville de Tours, dont le procès s'ouvrait le jour même.

"L'affaire", c'était l'organisation, dans cette belle ville du Val de Loire, de "confirmations" de mariages pour des couples de chinois, en voyage de noces (dont la date n'est plus fixée depuis longtemps).

J'ai vu, comme beaucoup de monde, des images filmées de ces fêtes, dont les participants, des couples de chinois, les hommes en "smoking" noir, les femmes en robe blanche simple, la tête couronnée de fleurs blanches, selon mon souvenir, évoluaient avec un sourire de bonheur, dans un décor de pierres blanches, comme peut en offrir cette région. Monsieur le Maire recevait tous ces couples, et, selon le récit complet, la confirmation de leur serment. Pure comédie, mais joyeuse et revigorante des sentiments. À première vue, jamais inutile.

Mais, évidemment, il y avait des frais, et les couples qui s'inscrivaient les payaient à la société organisatrice, fondée et dirigée par une personne.....que la mairie rémunérait de son côté.

Par une prudence tout à fait justifiée, notre République refuse par principe le mélange des finances publiques et privées. Il y avait, pour cette affaire, la possibilité d'une "anguille sous roche". Un chasseur, ou une chasseresse, de ce poisson dissimulé, prit sa plume et envoya une lettre "anonyme", au Canard enchainé, hebdomadaire satirique spécialisé sur ce créneau. Une enquête dévoila l'irrégularité des liens entre l'organisatrice et la Mairie de Tours. Cette dernière, et, surtout, son maire, ne retiraient aucun autre profit que la promotion de la ville comme destination touristique, mais l'émargement de l'organisatrice au budget de la commune constituait un "ratelier" de trop. Son inculpation entrainait le Maire.

De son côté, ce n'était qu'une faute, une erreur, mais notre Loi est sans tolérance pour ses propres serviteurs. L'homme, de bonne foi....trompeuse, n'a pas supporté l'opprobre publique, et s'est tué.

Son sacrifice ne changera, ni nos lois, ni notre mentalité, qui, en temps de paix, n'a pas grand chose à se mettre sous la dent, et ne fait pas la difficile.

J'ai une pensée pour le jeune maire de ma commune, qui a accepté une fonction qui fait maintenant fuir l'homme, ou la femme, "ordinaire". Heureusement, notre commune ne risque pas de devenir une "coqueluche" touristique. Elle "fait la manche", comme bien d'autres!

Sceptique