Longtemps à l'avance, elle y a été poussée par un "homme à femmes", qui ne pouvait, pour celle là, n'être qu'un bon amant. Il en a fait une Ministre, du droit des femmes et porte parole du gouvernement, d'abord, puis, à l'occasion de remaniements, une Ministre de l'Éducation Nationale, avec, même, la charge supplémentaire de l'Enseignement Supérieur, laissé vacant par la démission de sa titulaire, pour raisons de santé.

La pauvre n'a pas bronché, n'a pas dit "pouce!", mais l'enseignement supérieur se débrouille, parait-il. Elle ne s'active donc qu'aux fourneaux du Primaire au Secondaire, pour concocter des plats conformes au menu, à visée amaigrissante (du savoir). Si les plats plaisent aux anorexiques (du savoir), ils affligent les gastronomes du même, qui affirment que tout peut être bon, qu'il n'y a aucune raison de mettre les jeunes français au régime de l'ignorance sélective.

Sa grande oeuvre devait être la réforme du collège, dit "unique", auquel les usagers, les parents, reprochaient de ne pas combler les carences héritées du passage par le primaire. Depuis des décennies, il n'y a plus d'examen de passage en sixième, uniquement déterminé par l'âge. Le tapis roulant de l'enseignement secondaire se déroule sans heurt jusqu'à un baccalauréat quasi automatique. Entre temps, entre la quatrième et la troisième, un certain nombre d'élèves, épuisés ou allergiques, sont tombés du tapis roulant, pour remplir les rangs des désoeuvrés, débrouillards, ou non. La vraie sélection s'opérait, et s'opère toujours, au cours des deux premières années de l'enseignement supérieur. Pour ceux qui, ayant obtenu le bac, pensaient pouvoir continuer*.

Face à cet échec, statistiquement global, des deux premiers cycles de l'enseignement, il y a deux attitudes, deux doctrines. La première est de concentrer l'effort sur le primaire, de lui fixer l'objectif de doter les élèves des "fondamentaux", lecture, écriture (orthographe, grammaire, possession de la langue, inclues), calcul. Faire en sorte que, malgré l'absence d'examen, les enseignants du secondaire ne se trouvent pas confrontés à l'usage d'une langue française basique, seulement phonétique dans sa version écrite. 

La seconde consiste à accepter la "révolution culturelle à la française", qui libère l'élève de toute obligation d'imiter Boileau, Flaubert, ou toute autre idole des croulants. L'intérêt bien compris leur permet de se sortir mieux du calcul. Quant au reste, histoire, géographie, arts et culture, ils n'en ont pas grand chose à faire. On peut donc faire des coupes sévères dans les programmes. De même, pour les langues. L'anglais suffit bien pour se débrouiller partout. Au diable les langues difficiles.

Notre jeune et jolie Ministre, même si elle a connu un autre régime, n'entend pas discuter, ni avec les enseignants, ni avec les parents, et encore moins avec les politiques qui ne sont pas d'accord. Elle défend, bec et ongles, le brouet spartiate préparé par les pédagogues souverains. Elle semble sincèrement convaincue que le citoyen nouveau, sorti de cette nov-culture, sera bien plus facile à gouverner que le pinailleur d'entan**, jamais content.

Elle est entrée en politique sans être passée par un mandat électoral, elle a été portée par le tendre intérêt du Président François Hollande, qui, inconsciemment, ou sans prudence, au moins, l'a placée sur le barbecue national. Dont très peu sont sortis indemnes, qu'ils aient fait quelque chose, ou rien. Après LUI, le déluge!***

Sceptique

* Ils, ou elles, ne savent pas qu'à la Fac, si on ne travaille pas, on ne se fait pas engueuler, on ne prend pas de colles, mais on n'a pas l'examen, point-barre.

** "Il est facile de gouverner un peuple qui ne se sert de sa tête que pour y mettre un chapeau." Remarque amère d'un écrivain portugais.

***Tout ce qui a été inventé pour améliorer le Mammouth a laissé intactes les faiblesses de notre enseignement. Tout le monde s'arrache les cheveux, mais en accuse les autres. Quand il sera constaté que la Nième réforme aura échoué, elle sera attribuée à la Ministre NVB, avec la dose d'injustice habituelle.