Ce billet est inspiré par un long article de l'économiste Élie Cohen, Directeur de Recherches au CNRS, publié par le site Télos. L'auteur analyse avec froideur les débats internes de l'actuelle majorité, sur un grave sujet: comment prendre tout l'argent des classes moyennes et moins moyennes, sans mettre en panne toute l'économie?

La solution logique, sinon politiquement bonne, serait de supprimer toutes les niches fiscales existantes, et les conditions faites aux couples et aux familles (chaque contribuable serait considéré comme un célibataire, et imposé comme tel. Je ne vous dis pas!). Les avantages accordés aux femmes, en raison de leurs dépenses particulières crées par leurs maternités, seraient supprimées. Les déductions d'impôts liées aux intérêts des emprunts immobiliers, les salaires et charges des aides à la personne (toujours pour les familles mono ou bi-parentales qui exercent deux emplois, deux métiers), les dons aux oeuvres, les soutiens aux partis politiques, pris en charge en partie par l'État, seraient supprimés.

"Ils" ne pourraient pas supprimer aussi facilement la défiscalisation des investissements dans l'outre-mer, parce que le budget devrait les remplacer. Mais, après tout....

Il est vrai que ce système des niches fiscales, qui fait que l'État paye à votre place, en renonçant à une part de ses recettes, des dépenses dont vous êtes l'ordonnateur, a sa part d'absurdité. Totale, à mon avis.

Mais cela tient à ce que l'État veut garder la disposition fictive de la totalité de votre revenu. Par sa grande bonté, il laisse à chacun de quoi vivre, raisonnablement. Mais la prise de possession concrète du reste l'arrangerait bien, s'il ne risquait pas d'avoir des conséquences politiques.

Si une majorité politique croit bon de supprimer les niches fiscales, il faudra qu'elle applique aux familles ce qu'elle reconnait, avec douleur, aux entreprises: l'imposition du bénéfice net, calculé par la déduction des charges diverses, salaires et charges, investissements  (étalés sur x mois ou années), et dépenses liées à la production (matières premières, énergie, assurances diverses).

Appliquées aux citoyens (il n'y aurait plus de familles), les aides à la personne, les investissements immobiliers, ou le loyer, les dépenses d'énergie, comprenant un forfait alimentaire calculé par une commission de nutritionnistes, devraient être décomptés du revenu brut. Un bouclier fiscal devra être rétabli, car je serais surpris qu'un prélèvement pouvant atteindre 62%, comme le calcule l'auteur, en cas de fusion CSG-IRPP, ne se traduise pas par un exil massif des "bénéficiaires".

Le clivage gauche droite, ça consiste aussi, plus ou moins consciemment, à considérer les opposants naturels comme indignes d'intérêt*. C'est si simple et si clair qu'un dessin explicatif est inutile.

Sceptique

* J'accorde un avantage à la droite "parlementaire". Elle est moins dogmatique sur ce point.