Au risque de me faire étriller par les négationistes de la féminité, je confirmerai mon jugement: nommé à une fonction, un homme voit en premier l'honneur qui lui est fait, le mérite qui est reconnu. Une femme endosse la responsabilité, prend au sérieux l'exécution de la charge.

Ainsi Ségolène Royal et sa fonction, "sauver la planète". Elle y revient en permanence. Elle ne se remet pas d'avoir du faire marche arrière sur l'écotaxe, qui poussait la Bretagne à la sécession, qui pouvait mettre à la rue, au propre et au figuré, des milliers de travailleurs. 

Faire son boulot, c'est faire passer la nature avant son exploiteur, l'homme. Mais la nature ne vote pas, l'homme, oui. Grave dilemme. Paralysant.

Elle a trouvé, ou "on" lui a suggéré, une cible. Les jardiniers amateurs. Ceux qui n'en vivent pas, mais vivent pour ce plaisir. Qui mettent des plantes en terre, plus souvent décoratives qu'utilitaires. Qui n'aiment pas les voir malades, ou dévorées par des ravageurs. Qui se désolent de les voir étouffées par des "mauvaises herbes", que n'importe quel vent peut semer obstinément.

Pour eux, nombreux et dépensiers, des "jardineries" se sont multipliées, sur tout le territoire, qui fournissent toutes les plantes que les horticulteurs créent à partir du modèle de base, qui fournissent les graines, les engrais, les médicaments contre les maladies, les désherbants empêchant l'envahissement par les "mauvaises herbes", appelées ainsi parce qu'elle ne présentent aucun intérêt visuel ou olfactif, compensant leurs nuisances.

Les adversaires, ou concurrents, des plantes chéries par les jardiniers, mais aussi par les agriculteurs, traditionnellement, non partageux, sont regroupés sous le doux nom de "peste", au singulier, en général, au pluriel, du fait de leur nombre. Les produits destinés à s'en défendre, sont les pesticides.

L'égalité républicaine est désormais appliquée au non humain, aux animaux, aux plantes, aux parasites, ravageurs de toutes tailles, tant qu'ils ne s'attaquent pas à l'électeur, l'homme. Le virus Ébola, le coronavirus MERS, n'ont aucune chance, pour le moment. Les pesticides connus en pathologie humaine, vétérinaire ou végétale, ne leur font aucun mal, ne peuvent pas être sauvés en raison de ce pouvoir.

La cible choisie par la Ministre de l'Environnement n'est pas organisée politiquement, n'est pas syndiquée, n'est pas équipée de matériel lourd. Elle présente tous les caractères d'une réceptivité idéale. Madame la Ministre a donc décidé de la priver de l'herbicide "Roundup", dont la réputation d'efficacité n'est plus à faire. Selon ses dires récents, les jardineries devraient se voir interdire d'en vendre à des particuliers ne venant pas en tracteur.

Par ce geste auguste, Madame la Ministre fait coup double. Sur les jardiniers politiquement minoritaires, sur le diabolique Monsanto, inventeur du produit, et de bien d'autres horreurs.

Va-t-on vers un marché noir du Round-Up, qu'on ne peut pas interdire aux agriculteurs, toujours prêts à la jacquerie motorisée, aux belges, aux allemands, aux suisses, aux italiens, aux espagnols, d'Andorre et d'ailleurs? 

Vivement le prochain sondage du Figaro!

Sceptique

Complément du 17 Juin 2015: Selon une information de ce matin; Madame Royal a lancé une autre offensive, toujours pour sauver la planète, contre la gourmandise Nutella, à base, partielle, d'huile de palme. L'électorat infantile, qui a des moyens de chantage sur l'électorat maternel, pourrait bien, par ce biais, affoler la Ministre. Les mères peuvent être aussi féroces que des camionneurs, quand on touche à leurs bambins. Vamos a ver!