Les taxis, à Paris et dans les grandes villes françaises, sont des professions protégées par un numérus clausus, mais, aussi, piégées par elles-mêmes par leur habitude de monnayer au plus haut niveau leur licence professionnelle, quand ils veulent quitter la profession ou prendre leur retraite. 

J'ai entendu, à l'occasion de la grève insurrectionnelle qu'ils viennent de déclencher pour se débarrasser de leurs concurrents, utilisant sans détours l'application Uber pop*, le montant ahurissant atteint par une licence de taxi, à la revente: 240 mille euros. Ce prix me semble avoir fait un bon pharamineux depuis ma précédente information, à peu près trois fois moindre.

La pénurie de taxis à Paris, l'impossiblité d'un accord avec la profession pour émettre un certain nombre de licences nouvelles**, a créé une situation qui nous fait honte. Non seulement il est difficile d'en obtenir un, mais les "brebis galeuses" de la profession (il y en a dans toutes), en profitent pour maltraiter leurs clients.

Lesquels semblent avoir recouru depuis un certain temps à des véhicules privés, conduits par leur propriétaire, pour un prix forfaitaire convenu lors de la prise en charge.

De confidentiel, ce service est devenu quasi public, grâce à une application de smartphone mise au point par la firme américaine Uber, qui permet de mettre en relation le client avec un VTC proche du point d'embarquement.

Comme il s'agit d'une prestation "au noir", les taxis hurlent à la concurrence déloyale, et, faute d'une défense...loyale, par l'autorité politique, probablement complaisante envers une activité qui détend le marché, ils sont passés aux actes inciviques, grève, blocage des routes, des accès aux aéroports, et, enfin, voies de fait graves sur les personnes et les véhicules concurrents. 

Il y a déjà un bon nombre d'années que les syndicats français ont inscrit d'autorité le droit à la violence sur les biens et les personnes. Se faire justice soi-même quand le donneur d'ordres est aux abonnés absents, semble d'ailleurs plutôt bien accepté...par l'État. C'est la justice qui s'en occupe, à la demande des victimes, avec une sage lenteur.

Cette situation, malgré son ancienneté, pourra-t-elle devenir "constitutionnelle"? Elle reste un enjeu politique, brandi par l'opposition, soutenue par l'opinion. Les sondages, les commentateurs des articles de presse, témoignent de ce que les français, en grande majorité, n'admettent pas cette "combinazione" entre la violence et la faiblesse de l'État***, car ses limites spontanées sont incalculables. L'envie de tuer des violents est humaine et réelle.

Sceptique

*Cette application permet de mettre en rapport un demandeur et un prestataire proche, que le système GPS guidera vers le client.

**"Elles" feraient baisser le prix de revente de celles qui sont...en circulation.

***Position non sans ambiguïté: ils laissent la vigueur de l'État, aux "autres".