C'est la Presse, de Montréal, qui rapporte cette histoire. Quatre rameurs de l'équipe cubaine de sports nautiques, participant aux jeux Inter-Américains, ont fait défection, trop tentés par la proximité de la frontière des États Unis. Comme cubains, ils ont bénéficié des dispositions particulières de la loi américaine en leur faveur.

Cet "abus de confiance", problème récurrent des équipes sportives représentant les dictatures, pourrait paraitre anachronique en ces temps de réconciliation entre un Cuba pragmatique et des États-Unis en phase modérée. 

C'est sans doute parce que nous observons les choses de loin que nous nous faisons des illusions. Le rapprochement est le fait de Raul Castro, mais le "lider maximo"a encore assez d'influence pour veiller sur l'orthodoxie. La dictature du prolétariat doit le rester. La liberté vue par les capitalistes est une hérésie.

Malgré les précautions prises dans la sélection des athlètes, sa faiblesse réside dans le projet de briller dans la compétition. Les performances doivent compter plus que la connaissance du catéchisme marxiste-léniniste. Et il est connu que le capitalisme récompense mieux et plus longuement ses champions.

Cette défection indique bien que la vie dans un pays riche et libre est connue pour être meilleure que dans un pays pauvre et politiquement correct. C'est aussi un indice de ce que les familles laissées sur l'île ne sont plus victimes de vengeances étatiques. Ce n'est pas un comportement que des athlètes nord-coréens pourraient se permettre.

Ce qui est regrettable, c'est que cette constance dans le sens des mouvements de réfugiés ou de transfuges, ne donne pas à réfléchir aux prosélytes de cette idéologie, qui la proposent et la défendent auprès des habitants des pays libres et démocratiques, sous le prétexte qu'ils ne sont pas parfaits. Selon leurs critères, bien sûr.

Avoir besoin d'instaurer une dictature pour imposer un système soi-disant mirifique, en dit long, et devrait être entendu.

Sceptique