Les français ont un rêve, le "foutoir", l'anarchie, le "fay ce que voudras" de Rabelais, et une nostalgie, le Roy de France.

La contradiction prend particulièrement corps au moment des élections importantes, comme la Présidentielle, celle-ci résultant de la réforme institutionnelle majeure du Général De Gaulle, l'élection du Président de la République au suffrage universel direct. 

Comme les électeurs ne veulent pas se tromper, il est nécessaire que les candidats et les partis qui les soutiennent aient eux-mêmes une crédibilité solide auprès d'eux. Plusieurs mois à l'avance, des sondages distillent des portraits avantageux, ou assassins, selon leur origine, des personnalités se considérant elles-mêmes comme "présidentiables".

Le Parti Socialiste, le plus important de la Gauche, avait organisé, pour les élections de 2007, puis, plus sérieusement, encore, pour celle de 2012, des "primaires", s'inspirant du modèle américain. Notre Président actuel, François Hollande, a été sélectionné par cette "primaire" à deux tours.

Ses erreurs dogmatiques, ses légèretés initiales, sa délégation systématique du pouvoir à des ministres sans expérience et sans compétence, mais bourrés de prétention, lui ont coûté très cher en confiance et en popularité. Mais la force de nos institutions, la solidité de notre État, ont soutenu son pouvoir. Il a repris la main, a manifesté de l'esprit de décision dans les circonstances difficiles, et au bout de dix-huit mois, l'échec de sa politique économique et sociale l'ont fait changer de cap. Il fallait soutenir, ou ne pas écraser, les entreprises, et cesser de distribuer un argent qu'il n'avait pas. Ses partisans, très déçus, devraient se contenter de médailles et de bonnes paroles. Force devrait rester à la raison.

Lui, qui, comme son prédécesseur et maitre François Mitterrand, avait dénigré comme insuffisamment démocratiques les institutions gauliennes, a pu, à cause de crises subies, ou imprudemment provoquées, éprouver la solidité des instruments politiques que l'élection lui avait confiées*. Malgré des rêves et des voeux de voir le peuple se révolter et briser l'État, il n'y a pas eu de soulèvement en masse au profit d'un parti de l'opposition, ou d'un parti allié voulant profiter d'un moment de faiblesse. L'esprit Vème République met "du plomb dans la cervelle" jusque dans les institutions de partis politiques.

Découvrant qu'il y a encore beaucoup à faire pour sortir notre pays de l'ornière, autrement que par des cadeaux et les impôts pour les payer, il se verrait bien installé dans un deuxième mandat, pour rattraper le temps perdu. Mais le problème est son impopularité globale, et le lâchage par une partie, difficile à évaluer, de sa majorité, surtout l'aile d'extrême gauche. Il a donc la prudence de mettre une condition à une demande de renouvellement, une réduction significative du chômage.
Il est clair que l'opinion populaire serait sensible à une amélioration de l'emploi. Et il est en droit de douter d'un retour en force d'une opposition divisée.

Il choisit le "wait and see", et le reste de la Fance fera de même.

Sceptique

*Il s'est épanché auprès de la Presse Présidentielle, réunie pour son diner annuel. Compte-rendu de Sabine Wibaux, de l'Agence France-Presse, publié par La Presse, de Montréal (Canada) le 27 Juillet (heure locale).