La pratique d'enlèvement d'enfants à des fins perverses et criminelles s'est développée rapidement à l'occasion de la "libération sexuelle" des années 1960 et suivantes. La communication et son avatar, le mimétisme, ont facilité la suggestion dans l'ensemble du monde "libéré", rassemblant l'Europe non communiste et l'Amérique du Nord. 

Oeuvres de pervers occasionnels (pour commencer), elles ont longtemps suscité la perplexité des polices, ne disposant d'aucun fichier, d'aucun élément sûr de preuve. De nombreuses familles victimes n'ont jamais su ce qui était advenu de leurs enfants, garçons ou filles, disparus, parfois enlevés sous le regard de témoins. Des réapparitions de victimes comme la jeune autrichienne Natasha Kampush, ou d'autres victimes aux États-Unis, au Japon, ont au moins confirmé la réalité de cette nouvelle délinquance. La plupart des autres cas, probablement conclus par l'assassinat de l'enfant n'ont pas été résolus par la mise hors d'état de nuire des coupables. Des récidivistes comme Dutroux, en Belgique, ont secoué l'opinion, et ont rendu plus vigilantes les polices*.

Le système d'alerte AMBER, mais au point et pratiqué aux États-Unis et au Canada, a attiré l'attention d'un français, Pierre Bellanger, qui l'a jugé applicable en France, et a fini par convaincre des politiques en exercice à l'époque. Le dispositif "Alerte Enlèvement" a été lancé en Mars 2006, et, jusqu'au dernier, heureusement conclu hier soir, a régulièrement abouti au sauvetage de l'enfant et à l'arrestation du ravisseur. Le plus souvent, souffrant de troubles psychiques. Les vrais pervers sont dissuadés. De recourir à ce procédé, au moins**.

Il n'y a pas que les bonnes finances qui ont de l'importance en politique. En raison de la forte médiatisation de tout fait criminel, une bonne police est tout autant indispensable. L'unanimité n'est pas encore acquise, mais l'approbation est majoritaire.

Sceptique

*Nous avons eu en France, un clone de Dutroux, opérant en famille, mais de manière itinérante. Ses victimes furent nombreuses. Je n'ai pas retrouvé une mention de ses forfaits.

**Les auteurs actuels ne sont pas critiques de leurs pulsions, ou de leurs fantasmes, mais ne sont pas des criminels "endurcis".