Ces réfugiés du moyen-orient, arrivant par dizaines de milliers par mer, ou par terre, dans notre Europe pacifiée et nantie, mélangés à des africains fuyant leur misère endémique, nous émeuvent, et nous effraient.

Surtout qu'ils ne se présentent pas comme des naïfs, attendant passivement qu'on fixe leur sort. Ils sont parfaitement informés des conditions qui les attendent, pays par pays. La plupart ont choisi leur destination finale, sans se poser la moindre question sur la souveraineté du pays choisi. Pour eux, l'Europe a une vague unité, comportant une échelle de conforts, de chances de trouver du travail, ou des soutiens familiaux ou communautaires.

Ils ne sont pas intimidés par les frontières, les polices, qui représentent les droits que ces nations ont sur leur territoire. Ils savent ce que Schengen veut dire. 

La France et les français sont moins appréciés par les réfugiés que par les touristes. "Ils" savent que nous ne sommes pas accueillants, et, de plus, confrontés à une mouise qui nous rend hargneux. Ils préfèrent l'Allemagne, qui a des complexes, réactionnels à son passé nazi, et des emplois à pourvoir. Ils aiment bien les pays scandinaves, où les premières vagues de réfugiés ont créé des communautés solidaires, mais où il fait encore un peu froid, malgré le "réchauffement". 

Quant aux pays du sud, qui pourraient leur rappeler le climat qu'ils ont quitté, la crise les a plus appauvris que ceux du nord, et ils n'ont rien à leur offrir.

L'Angleterre est l'Eden des réfugiés économiques, qui lui prêtent des opportunités incomparables. Qu'Elle ne veuille pas d'eux n'est pas leur problème. Ils font son siège à Calais, tentant chaque nuit de se faufiler dans un camion ou un "shuttle", porteur de camions. S'ils ont assez d'argent, ils s'offrent la complicité de passeurs...à leurs risques et périls.

L'Europe a connu des mouvements importants de réfugiés, à l'occasion des deux guerres mondiale, de la révolution russe, de la guerre d'Espagne, de l'invasion nazie de la presque totalité de l'Europe. Mais le flux actuel n'est pas vu de la même manière. Les européens sont devenus égoïstes, car eux-mêmes sont incertains d'avoir fait un bon choix, celui de l'Union Européenne, affaiblie par la crise de 2008. 

La religion différente des arrivants n'est pas un problème négligeable. Le christianisme et l'islam, se présentant comme des Vérités absolues, n'ont jamais été compatibles. Le tiédissement du christianisme a amélioré les rapports des religions et des ensembles concernés, Europe, Mahgreb, Orient. Mais la cohabitation en Europe, dans les mêmes villes, est partout problématique. 

Comme "on" ne voit pas le bout de la cause de cet exode, les guerres de religion qui déchirent le Moyen-Orient et une partie du Maghreb, l'apparition d'un Islam fanatique, qui fait de la mise au pas des fidèles amollis, de l'extermination des infidèles et de la destruction de leur civilisation leurs buts de guerre, les européens, qui en majorité, ne veulent pas prendre les armes pour détruire cette réminiscence du nazisme, ne peuvent voir ce transfert de populations que définitif.

Le soupçon que l'État Islamique utilise des réfugiés "volontaires" pour porter en Europe même leur combat, déjà présent sous forme d'actes de terrorisme, ne vient pas en renfort de nos valeurs de tolérance, de charité, de "droits de l'homme". D'aucuns les voient comme des symptômes de décadence, d'aveuglement criminel.

La peur n'est pas bonne conseillère. Le défaitisme, non plus. Aucune puissance, aucune idéologie, aucune religion, n'a jamais dominé durablement le monde, et les doses de vaccin subies à l'occasion des guerres mondiales et de la guerre froide, nous ont immunisés contre les utopies et les idéologies, matérialistes ou religieuses. Mais il appartient à nos responsables politiques de nous préparer à toute éventualité. Ce n'est pas une qualité de l'Union Européenne, qui préfère la politique du mouchoir sur les problèmes. 

Sceptique