"Normalement", il est une chance non méritée pour Hollande et sa majorité. Mais cette dernière est tétue. Elle se cabre, elle rue des quatre fers. Les chevaux sont des alliés précieux de l'homme, mais il ne faut pas trop leur en demander.

Non invité formellement à La Rochelle, où se ressource le Parti Socialiste, il est allé faire scandale aux instances du Medef, qui a bu du petit lait. Où il n'a pas dégoisé sur les 35 heures, c'est vrai. Mais, contrairement à ce qu'il pense, les 35 heures n'entrent pas dans la politique de rééquilibrage entre le travail et les loisirs. Les trente-cinq heures n'ont jamais eu d'autre intention que de partager le travail encore confié par le marché à l'appareil de production français. Les suppléments de congés, de temps pour la retraite, François Mitterrand s'en était chargé.

Que les fonctionnaires et autres agents du service public en aient réclamé le bénéfice, celui de travailler encore moins, pour le même traitement, est une autre histoire, même s'ils en sont restés, forts de leur intérêt, les féroces gardiens*.

Le pataquès est de taille. L'aile gauche du P.S., et ses chefs en vue, sont vent debout contre le chouchou de Hollande. On se demande s'ils ne vont pas rechercher un candidat potable à lui opposer en 2017, ou exiger de nouvelles primaires.

Qu'Emmanuel Macron ait raison ne pèse pas lourd dans un parti politique. Il est là, à ce poste majeur, par la grâce du Président de la République, revenu à ses responsabilités, mais il ne peut compter, il le sait, et il le dit, sur un virage des sentiments.

Le tort de François Hollande, c'est de ne pas aller jusqu'à dire à ses partisans:"Suivez mon panache blanc!" Il est têtu, le plus souvent intelligemment, mais s'interdit...d'interdire! 

Sceptique

*Il paraitrait pour le moins injuste, au cas où les 35 heures seraient sacrifiées par l'actuel gouvernement, que cette réduction et ses avantages coûteux (et subventionnés), soient maintenus exclusivement pour les fonctionnaires et les agents du service public. Leur capacité de blocage de la société est le principal obstacle à une politique d'assainissement du travail, entre autres. François Hollande, Manuel Valls, s'ils y pensent, ne sont pas encore prêts à les affronter.