Les idéologies et les religions sont apparentées par leur mode de fonctionnement, à base d'actes de foi. Leur différence réside dans l'attribution des textes fondateurs. Les religions attribuent leur rédaction à la divinité elle-même, dictée à un humain intermédiaire. Les idéologies se reconnaissent une origine humaine, redevable à un génie fondateur, et adoptée par ses disciples. 

Les religions sont hétéronomes, et exigent un acte de foi. Les idéologies se considèrent comme autonomes, réclament une adhésion, et déclarent que c'est la raison des adhérents qui les détermine, au contraire d'un acte de foi.

Ce n'est bien sûr qu'une illusion. Il n'y a aucune différence de nature entre un acte de foi et une adhésion à une idéologie, qui ne peut pas être disqualifiée par un fait contraire. On n'est pas dans "La Science".

Pays historiquement catholique, les modes de fonctionnement religieux et idéologique, en France, y sont très proches. À l'insu des intéressés, toujours. Mais pas nécessairement pour les observateurs extérieurs, comme Gérard Grunberg, qui dans son article paru sur le site Telos*, démontre les impasses des pensées des leaders en vue de notre gauche, ou de celles qui s'y apparentent (sociétés catholiques ou orthodoxes).

Un acte de foi détermine la Vérité, et l'Erreur (ce qui ne fait pas partie de la Vérité). Ces deux ensembles ne peuvent être relatifs, changeants au gré des circonstances. L'évolution forcée du gouvernement de François Hollande face à l'échec évident des foucades initiales, fait mal aux croyants, qui se raccrochent au moindre fait témoignant du Mal, contraire à la Foi.

Ainsi des avantages négociés avec ses employeurs par Michel Combes, qui a quitté, une fois sa mission accomplie, la Présidence d'Alcatel-Lucent, un joyau de la filière High-Tech française, menacée de faillite, au terme d'une longue descente. Il est difficile de savoir exactement si le PDG a exigé la récompense de ses services, ou si le soulagement des actionnaires, menacés de perdre leur mise, les a poussés à un assaut de générosité. Le grand patron partant n'a pas dit non. Le scandale est là.

Les vrais chefs de la majorité, François Hollande et Manuel Valls, ne se sont pas prononcés publiquement. Mais les seconds couteaux ont dégainé, concoctant lois et décrets pouvant annuler ce scandale.

Leur élaboration ne peut aller loin sans l'accord des vrais responsables des relations entre la politique et les milieux économiques. 2014 a amorcé un changement, imposé par l'échec, et l'amélioration obtenue, en termes de confiance des investisseurs, est encore très fragile. Si les godillots veulent faire tinter leurs clous sur le pavé, les chefs ne veulent peut-être pas reperdre le terrain gagné. 

Qu'allons-nous entendre, les grands principes et les grands sentiments, ou "silence dans les rangs!"?

Cette histoire me rappelle, lors de chaque répétition, le conte du Joueur de flûte de Hammelin. On le trouve sur Wikipedia, via Google.

Sceptique

* Lien avec ce site sur mon blog.