Leur Panurge a été écouté. Il était soutenu et relayé par de multiples petits partis, renchérissant dans le rêve fabuleux. Dont, déjà, un, pour commencer, a annoncé qu'il n'obéirait pas au futur gouvernement du nouvel État. 

Les craquements de l'Espagne d'aujourd'hui rescuscitent ceux de 1936, également "démocratiques". Il n'y a plus à craindre la révolte de l'armée. Par contre les illusions pourraient tomber très vite. Car les projets de certains partis tiennent plus du dépeçage ou du détroussage que de la bonne gestion d'une nation "libérée".

Un exode de ses cadres, une fuite de ses clients, de ses fournisseurs, de ses "bailleurs de fonds" est à craindre.

Les organisateurs de l'indépendance semblent croire qu'ils vont trouver un fauteuil tout neuf, rajouté en toute hâte par la Commission de Bruxelles. Un contestataire de la "bonne idée" essayait de les prévenir qu'ils auraient à négocier leur entrée dans l'Union Européenne, et à accepter ses conditions, en particulier de rigueur budgétaire. Ce sera comme une nouvelle adhésion. On sait qu'elles ne sont plus examinées avec enthousiasme. La Catalogne ou la Grèce , c'est bonnet rouge ou rouge bonnet. Même Mélenchon n'y pourra rien.

Chaque crise de l'Union Européenne allume, ou rallume, les forces centrifuges, séparatistes, et souveranistes, partagées ente les extrêmes, de droite et de gauche. La crise financière de 2008, la crise des réfugiés du Moyen-Orient, ont infligé, infligent, de nouveau, des secousses dangereuses à l'Union mal aimée. Les Cassandres qui mettent en garde contre le retour au "statu quo ante" se voient opposer un bras d'honneur, summum de l'intelligence en politique.

L'avenir immédiat va tenir à la lenteur, à la prudence, avec lesquelles l'Espagne légitime va réagir. C'est pour le coup qu'il faut donner du temps au temps, formule chère à François Mitterrand. 

La construction européenne se révèlera-t-elle une illusion de l'intelligence, de la raison, finalement poignardée par les passions?*

Sceptique

*le sommaire du "Monde" daté du 28 Septembre 2015 indique  que la majorité, en sièges, obtenue par les partis coalisés permet le gouvernement, mais pas la séparation, minoritaire, en voix.