C'est à la fois le titre et la conclusion que Gaïdz Minassian, dans le Monde, daté du 14 Octobre 2015, donne à son analyse d'une classique "Histoire du terrorisme, de l'Antiquité à Daech", ouvrage collectif sous la direction de Gérard Challand et Arnaud Blin.

Il y a deux volets à l'adaptation à ce mode d'action, de contestation, de révolte, ou, comme semblent l'être les derniers actes, de guerre "ordinaire".

Le premier* est étatique, mobilisant la sécurité publique sous toutes ses formes, ordinaires, ou extraordinaires, constituées, ou activées pour la circonstance. 

Ce volet est indiscutablement un point fort de l'Occident. Les états qui le composent réagissent fermement et solidairement au terrorisme, dès la première expérience, dès la réactivation après une accalmie trompeuse. La prévention reste difficile, les sentinelles qu'aucun bruit n'excite, s'assoupissent, et leur réveil est toujours brutal. 

Le deuxième volet est l'émotionnel, l'impact d'un acte terroriste, localisé, mais abondamment médiatisé, sur des populations vivant en paix. Il est toujours très important, porté à la dramatisation, libérant des fantasmes de guerre civile, de conquête victorieuse, d'oppression par le conquérant, le commanditaire de l'acte terroriste, abuseur de la faiblesse de l'état victime.

Il n'en est, bien sûr, rien. Après la peur et l'émotion, la sérénité se rétablit, les nouvelles de l'état de l'enquête, la mise hors d'état de nuire des auteurs de l'attentat et de leurs complices, rassurent et apaisent. On n'y pense plus et on oublie.

De temps en temps, des informations d'arrestations de candidats au terrorisme confirment la vigilance des services publics de la sécurité, et réconfortent les citoyens, malgré les efforts des médias, dont tout événement est une nourriture.

Si l'Occident n'a pas attendu le conseil de Gaïdz Minassian, il l'a même accompli sur le mode actif, empêchant le développement de ce mode de faire la guerre, normalement encouragé par le succès initial, obtenu par surprise. 

Dans la mesure où ce terrorisme n'est suivi d'aucune concession politique, il est mis en échec. C'est le renoncement de ceux qui étaient  excités et tentés, qui est une adaptation. Le retour sur le phénomène, qui, en France a débuté avec les terrorismes du FLN et de l'OAS, a suivi avec l'autochtone Action Directe, puis avec les terrorismes iranien, algérien de nouveau, le basque et le corse**, montre une progression parallèle de l'efficacité de la sécurité publique. Cela ne veut pas dire que le terrorisme est éradiqué, qu'il ne se manifestera plus jamais, mais qu'il n'a aucune chance à court ou moyen terme d'affecter gravement les institutions françaises. Les majorités politiques savent maintenant ce qu'il en coûte de mettre sous le coude la sécurité, au nom d'un quelconque "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil!"

Sceptique

*Le coup de tonnerre des attentats très meurtriers du 11 Septembre 2001 a été le premier et le dernier à cette échelle, subi par les États Unis, qui ont réactivé et sur-développé leurs moyens de sécurité intérieure et extérieure. 

**Les terrorismes séparatistes sont plus parlants quand ils sont commis là où il y a des séparatistes. Ils sont supposés être approuvés par la population.