C'est un soupir du journal "Le Monde" (daté du 31 Octobre 2015), déplorant le plafonnement des résultats des campagnes contre cette activité, qui me donne l'occasion de m'expliquer.

D'abord, je suppose que les dépenses publicitaires des diverses "grandes surfaces", des magasins de bricolage, des entreprises spécialisées dans le remplacement des fenêtres, ou la construction de vérandas, doivent avoir un retour mesurable sur le chiffre d'affaires et le bénéfice.

Cette première condition posée, si j'énumère les parties prenantes de la filière publicitaire imprimée, je commence par les photographes, les maquettistes, les fabricants de papier,les imprimeurs, et je continue par les distributeurs, dont les préposés de La Poste ont une part. 

Que deviennent ces pubs? Pour l'essentiel, elles vont à la poubelle, plus précisément, si elles n'ont pas servi à envelopper des déchets de graisse ou de viande, aux "recyclables". Et le recyclage du papier est pratiquement infini. Si la pâte obtenue est trop "fatiguée", elle reçoit un complément de pâte "fraiche", qui lui redonne une qualité acceptable. Surtout pour ces publications là. Elles ne sont pas destinées à devenir durables.

Alors, me dis-je, "tout ça n'est pas d'l'argent d'foutu!", comme chantait Charles Trenet, mais des emplois, au moins de secours, des entreprises qui peuvent vivre, ou survivre. 

Non, les arbres qui ont servi à faire une certaine quantité de ce papier, le reste étant assuré par le recyclage (emploi de handicapés) ne laissent pas derrière eux un désert. "Ils" sont remplacés, et en quelques années, ils sont prêts pour la coupe et le broyage (entre autres usages). La nature, au moins sous nos climats, ne souffre pas de ces prélèvements, se renouvelle constamment. De plus, les forestiers mettent leur savoir au service de ce renouvellement. Il n'est pas livré au hasard.

Une nouvelle religion, qui se substitue aux anciennes, qui ne font plus recette, conçoit un monde dont l'homme deviendrait l'esclave, soumis, écrasé, prosterné, repentant, famélique et consentant. Comme aux débuts de toutes les religions, en fait.

L'étrange est que ce sont les mêmes hommes qui délaissent les religions historiques pour se convertir, se donner corps et âme à la principale divinité, la Nature, et à ses formes diverses. Les schismes n'ont pas tardé, mais l'union se fait contre les impies, de moins en moins nombreux.

Même si l'histoire s'accélère, grâce à sa médiatisation en temps réel, le temps de la révolte contre cette dernière n'est pas encore proche, même s'il se mesure en decennies, au lieu de siècles. Un impie, il est vrai, chargé de l'information météorologique, s'est fait virer pour blasphème. Le ou les prochains auront droit au bûcher.

Si je n'étais pas si vieux, je ne me serais peut-être pas risqué à écrire ces lignes sulfureuses. Encore un peu de temps, et je recyclerai mon azote!

Sceptique