J'ai l'avantage d'en avoir fait la connaissance, il y a longtemps, de l'avoir survolée, ainsi que ses annexes, les forêts guyanaises. Ces dernières apparaissent régulièrement sur nos écrans, sans censure. Elles sont toujours égales à mes souvenirs, continues, compactes, sans blessure.

Mais à l'appui des accusations de destruction par l'homme (homo brasiliensis) de la forêt amazonienne, au détriment de l'homo sapiens album, privé d'un oxygène précieux, je n'ai jamais vu que des photos de clairières, prises de biais, censées donner une image du désastre. Des chiffres, en km2, de transformation de la forêt en cultures ou en zones d'élevage, sont fournies par le gouvernement du Brésil lui-même.

Je me suis rendu compte qu'il y avait une confusion permanente, sinon voulue, au moins appréciée par les critiques, entre la forêt amazonienne équatoriale, qui accompagne le fleuve Amazonas de part et d'autre de l'équateur, et les forêts tropicales, soumises à une saison sèche, dont la plus grande touche au sud le tropique du Capricorne et les frontières du Paraguay. Ce sont des zones tropicales, où la forêt est clairsemée, qui voient régulièrement la mise en culture ou en élevage extensif une partie de leur surface. On les confond (exprès?) avec la forêt équatoriale, impropre à la mise en culture durable*.

Le journal télévisé d'hier-soir s'est terminé par un reportage consacré à une tour métallique géante (plus haute que la Tour Eifel), érigée en pleine forêt équatoriale, devant permettre aux scientifiques jeunes et vigoureux d'étudier de haut la forêt, de recueillir des éléments de connaissance du rôle précis de cette forêt sur le climat du monde.

Heureusement, ou, peut-être, hélas, pour d'autres, un hélicoptère était de la fête et filmait le paysage visible de la tour, dépassant la cime des arbres de près de deux cent mètres. La vraie forêt amazonienne, compacte, continue, à perte de vue, dans toutes les directions. Elle était toujours là, intacte, à la disposition du regard des hommes. Doués d'une vue normale, et l'acceptant, en tout cas.

Mentez, mentez, il en restera peut-être quelque chose.

Sceptique

*On les appelle "amazoniennes" parce qu'elles sont situées dans les limites du bassin du fleuve et de ses affluents.