Ce n'est pas de la faute des calaisiens si leur ville est la plus proche de la côte de l'Angleterre.

Ce n'est pas de leur faute si, très logiquement, le tunnel sous la Manche, qui rend si commode le transport des voyageurs et des marchandises, débouche à sa proximité.

Ce n'est pas de leur faute si le Royaume-Uni, fermé par principe à une immigration massive, cesse de contrôler les personnes qui y circulent, dès lors qu'elles ont réussi à passer la frontière.

Ce n'est pas de leur faute si le Royaume Uni ne fait aucun chichi à quiconque veut travailler, au prix convenu avec l'employeur, pour une durée qui peut ne pas dépasser une heure.

Toutes ces qualités, exceptionnelles dans un monde de méfiance et de contrôle tatillon, sont connues du monde entier, en proportion, même, du degré de misère.

Le monde moderne et prospère est un aimant pour tout le monde pauvre. Si l'Europe et l'Amérique du Nord n'hébergent pas la totalité de la population de notre terre, c'est parce qu'il y a des obstacles naturels à cette concentration logique.

L'Atlantique suffit encore, la Méditerranée est traversable à un prix élevé, la Mer Égée pour un peu moins cher, mais grâce au tunnel sous la Manche, "on" peut passer de la France à l'Angleterre sans se mouiller les pieds.

C'est pour ça que tous les hommes qui ont réussi à franchir les premiers obstacles s'y donnent rendez-vous, non pas pour franchir la Manche à la nage, mais pour se faufiler dans un camion ou un train empruntant le tunnel.

Le temps de préparer l'exploit, "ils" séjournent à Calais. Les droits du premier occupant ou la souveraineté des nations sont le cadet de leur souci. Ils savent, aussi, que ces droits ne seront pas défendus à coups de fusil.

L'impasse est totale. Personne ne veut changer d'idées, de principes, de méthodes. Pour les migrants, l'ignorance ne s'apprend pas. En ce sens qu'il ne veulent pas savoir que l'Angleterre ne veut pas d'eux. Car ils savent que s'ils parviennent à passer, ils ne seront pas pourchassés. Le peuple anglais tient, lui, à ses libertés fondamentales. Les français, à leur tunnel, leur grande idée, qui leur a coûté très cher. Il reste encore les défenseurs des "droits de l'homme". Qui doivent être placés au dessus de tous les autres. Comme il faut bien que certains hommes soient plus hommes que les autres, les défenseurs des droits de l'homme donnent l'avantage aux migrants.

La grande peur des "forces de l'ordre" est que d'un côté ou de l'autre, il y ait passage aux actes, que le sang coule. Il faut une grande maitrise de leur côté, ne pas céder à la provocation.

L'Union Européenne étouffe sous ces débordements d'amour, ambivalent, précaire, et révocable. Mais, dès qu'elle semble flancher, ses directeurs de conscience la rappellent à l'ordre.

Sceptique