Les hommes sont naturellement violents. Leur rôle social primitif est de défendre leur famille, élargie. Le développement, en nombre, de l'espèce humaine, a plutôt amplifié cette fonction, face à une insécurité inter-humaine, au premier rang.

Les sociétés modernes ont, parmi leurs avantages, encadré et sublimé la violence masculine, la soumettant à leurs lois, l'extirpant par l'éducation, la sanctionnant par leur justice. Le phénomène persiste, de manière marginale, mais intolérable par ses conséquences.

Le minimum irréductible de la violence masculine a différentes causes:

La carence éducative: la violence naturelle des garçons n'est pas réprimée par les parents.

Le mimétisme, mode de transmission des pères aux fils.

Les pathologies: alcoolisme, paranoïa(délire de jalousie), perversion(sadisme)

Ces dernières causes sont les plus dangereuses, les plus inaccessibles à la raison, aux sanctions. Une jouissance secrète participe à la violence. Surtout, elles doivent être présumées incurables à court ou moyen terme. La séparation du couple, la mise à l'abri de l'épouse et des enfants, doivent être présentées comme la solution urgente et inévitable.

Si la raison était seule en jeu, le phénomène aurait probablement disparu. Les passions l'entretiennent.

En premier lieu, l'amour étant le motif de la formation du couple, la violence surprend, rencontre l'incompréhension, le questionnement, par l'épouse agressée, de sa responsabilité. Les promesses de ne pas recommencer, poussent à la réconciliation, à l'effacement de l'incident.

La récidive, pour un motif futile, subjectif, doit relancer l'alerte. L'épouse battue a intérêt à faire constater, par un médecin, les traces corporelles de la violence, à en informer la justice. Le conjoint violent doit être amené à s'expliquer, à parler de sa violence, de ce qu'il considère comme la justifiant.

S'il apparait que la violence entre dans le cadre des pathologies, surtout des incurables à court ou moyen terme, la paranoïa et la perversion, la séparation immédiate, avec mise à distance, doit être recommandée avec insistance à l'épouse battue. Malgré les dénégations et les promesses habituelles, la rechute est certaine.

Le service public de l'éducation doit-il s'impliquer dans la prévention? Je le crois, à l'occasion des séances d'éducation sexuelle, en particulier. Faire parler de la violence par les élèves des deux sexes, librement, ne pas faire taire ceux qui la justifient.  Sans visée thérapeutique, mais de connaissance des causes. Recommander à ces jeunes hommes (habituellement) une aide à comprendre et à contrôler.

L'émotion, la compassion, les jugements sommaires, sont des réactions justifiées, mais insuffisantes, inopérantes. La mise à l'abri des victimes est impérative et urgente. La prise en charge thérapeutique*des auteurs de violences doit être proposée. Elle doit être acceptée pour avoir quelque chance d'être efficace à long terme.

Sceptique

*Parler de thérapeutique après avoir classé un comportement pathologique comme incurable, est à première vue une contradiction. Il ne peut y avoir de thérapeutique efficace à court terme, en particulier médicamenteuse, mais seulement un pari sur le long terme, la maturation de la personnalité, l'amélioration de son contrôle, l'effet du vieillissement sur l'agressivité, les réactions excessives. L'accompagnement patient de cette évolution positive ne peut être improvisé, même s'il est consenti.