C'est l'annonce de la nuit, un accord entre américains et russes, pour un cessez le feu dans un délai d'une semaine, au profit de l'opposition à Bachar Al Assad, mais ne concernant pas l'État Islamique.

L'intervention, "sans gants", de la brutalité habituelle, chère à Vladimir Poutine, a renversé la situation de l'armée syrienne, dont la reconquête du territoire tenue par les rebelles "modérés", est maintenant en marche.

Mais cette offensive jette sur les routes les civils pris dans les combats, dont l'exode butte sur une frontière turque bien fermée. Ces hommes, femmes, et enfants, ne peuvent recevoir aucun secours. Le sentimentalisme n'a jamais eu cours dans ces régions. Il ne faut pas en attendre non plus de l'allié russe.

Ce sont les américains qui ont fait pression sur le partenaire de fait, pour qu'il relâche sa pression, réservée à tous les rebelles, sauf à ceux de l'État Islamique, allié objectif, sur d'autres fronts*, du Tsar de toutes les Russies.

Vladimir Poutine a délégué à ses seconds, Lavrov, Medvedev, cette négociation inintéressante, dont l'effet devrait permettre l'apaisement de notre coeur faible.

Le vrai problème est mis sous le coude, celui du maintien au pouvoir de Bachar Al Assad, responsable indiscutable de l'évolution d'une agitation populaire vers une guerre civile impitoyable. Les X fois cent mille morts de la guerre qui dure depuis cinq ans ne pèsent pas encore assez lourd.

Au delà de ce "symptôme", le maintien, par la force, du pouvoir alaouite, effet secondaire de la politique franco-anglaise des années 1920, qui a réglé le sort de ces territoires ottomans, n'augure rien de bon. Les hommes soumis à ces découpages ont changé. Seule une action de force "éternelle" pourrait les faire vivre ensemble.

La force a changé de mains, mais elle est toujours aussi absurde. Pour autant la faiblesse est, elle, toujours aussi inefficace.

Sceptique

*L'insécurité créée par l'État Islamique dans l'Europe, "molle", est un avantage psychologique pour le nouveau Tsar. Chez lui, il s'en vante, un bon musulman est un musulman mort ou muet.

Note du 13 Février 2016: Le maitre russe a finalement désavoué ses subalternes négociateurs. La Russie continuera ses bombardements intensifs sur les zones rebelles. S'est-il rangé à la demande  du Président Syrien, qui se fait fort de reconquérir la totalité du territoire syrien, ce qu'il ne pourrait faire sans l'appui aérien russe? Les bénéfices secondaires étant assurés, il n'a pas du beaucoup hésiter.

Les syriens mal situés continueront à être arrosés de bombes russes.