C'est une bisbille, dans cette ville que je connais bien, rapportée par le "Monde".

J'ai exercé la médecine générale , à Colombes, au moment où elle se développait rapidement, dans sa partie Nord, où poussaient des grandes tours d'HLM ou de logement accessibles à la propriété. Un souci de mixité sociale, sûrement.

J'ai le souvenir de visites éprouvantes, à toute heure, à la recherche de rues existant "sur le papier", mais sans la moindre plaque indicative. Le GPS était encore loin!

La ville est passée des communistes aux "Républicains", en passant par les socialistes, et vice-versa. Les votes- sanction y sont ravageurs, comme ailleurs.

Avec la bénédiction d'une municipalité complaisante, des habitants épris de jardinage se sont emparés d'une "friche", oubliée par la fièvre des constructions, et l'ont transformée en une "Agrocité", terme plus chic que "jardins ouvriers", où se pratiquent les cultes de la nature. Un contrat à durée déterminée les liait à la minicipalité, toujours propriétaire du terrain. Leur libre disposition a été assez longue pour apparaitre, dans les esprits, définitive. Généreuse, la Commission Européenne avait même versé une subvention de 600.000 euros, à l'association. Pas mal, non?

Mais d'importants travaux de rénovation d'un espace construit voisin, obligent la fermeture d'un garage souterrain (dont bénéficient la plupart des HLM de Colombes), et la municipalité, qui, à cet effet, n'a pas renouvelé le contrat de mise à disposition, demande aux jardiniers amateurs de vider les lieux, pour y aménager un parking provisoire.

Ce qu'ils ont contesté, bien sûr, et à ce à quoi ils sont condamnés, bien sûr! Il en résulte une "mobilisation" verte, vomissant sur les affreuses bagnoles...des autres.

En effet, le verdissement des esprits n'a pas été accompagné par une baisse sensible de l'équipement des ménages en voitures particulières, et de leur place irréductible dans l'espace urbain. Chaque automobiliste ressent douloureusement cette pullulation de "gêneurs".

La plupart des municipalités de la banlieue ont imité le modèle inauguré par la Ville de Paris, conquise par la gauche rose-verte. La mise en place de dispositifs dissuasifs, et la priorité aux transports collectifs ou de substitution (vélos). Malgré leur succès, il est difficile d'y installler toute la famille. Nous ne sommes pas aussi inventifs que les chinois, et nos familles sont aussi plus nombreuses.

Notre goût pour la guerre civile a été, non pas réveillé, mais puissament motivé, par l'apparition de cette culpabilité écologique, que nous sommes invités à reconnaitre, à endosser, ou à transférer, si possible!

Quand la guerre vous arrive, ou nous revient, de l'étranger, comme en 2015 (pour le moment), nous nous rassemblons comme un seul homme. Mais les disciples de Détritus restent vigilants, et arrosent le calumet de la paix, vite fait!

Sceptique