Pour la science, l'apparition d'une nouvelle maladie infectieuse, transmise par un insecte vecteur, se développant au détriment de la population exposée, ne peut être une vraie surprise. Mais un nouveau problème, bien sûr.

Le moustique "tigre" (à cause de ses rayures noires sur fond jaune), une variété d'aedes, a connu une expansion géographique récente. Qui serait la conséquence du réchauffement climatique global, lui déroulant le tapis rouge. Une mutation avantageuse est, bien sûr, exclue. Toujours est-il, que si il s'est rapidement diffusé dans les parties tropicales du monde, ses oeufs ou ses larves savent attendre la fin de l'hiver, pour partir à l'assaut de nos zones tempérées. Qu'un convalescent du chicungunya passe par là, et un foyer de la maladie y passera l'été.

Sous les tropiques, dépourvus de vrais hivers, ce nouveau moustique s'est ajouté aux autres, anophèles, aedes, culex, et les virus les utilisent comme vecteurs.

C'est ainsi qu'il est devenu un vecteur pour un arbovirus africain, le zika. Dont l'expansion en Amérique du Sud s'est traduite par des atteintes bénignes, et des syndromes de Guillain-Barré, composés de douleurs neuro-musculaires, de paralysies réversibles. Mais, surtout, par une hausse de fréquence d'une malformation foetale, une microcéphalie.

La relation de cause à effet entre le nouveau virus et la nouvelle pathologie néo-natale a été immédiatement avancée, avec, mises en débat, les mesures à prendre pour éviter aux futures mères cette lourde charge. L'avortement thérapeutique apparait comme la mesure la plus sûre, dès lors que la microcéphalie est détectée "in utero".

Seulement, les pays très catholiques de l'Amérique du Sud interdisent à leurs populations ce moyen.

C'est alors qu'un chercheur argentin a émis des doutes sur la responsabilité du virus Zika dans cette épidémie. 

D'une part, ces microcéphalies ne sont pas signalées en Afrique, lieu d'origine du virus. Il est licite d'invoquer une sélection naturelle qui aurait fait disparaitre les sujets prédisposés. À l'inverse, l'intense métissage qui caractérise la population brésilienne a pu diffuser les gènes prédisposant à la complication.

Le chercheur argentin préfère soupçonner les abondants traitements contre les vecteurs, entrepris par les autorités sanitaires brésiliennes. Il cible même les "larvicides" pulvérisés sur les sites humides où se reproduisent les moustiques.

À l'appui de son objection, l'épidémie d'infections au virus zika en Colombie ne s'accompagne pas de micocéphalies néo-natales. Mais serait-ce que les autorités colombiennes ne feraient rien pour enrayer l'épidémie?

Si l'alerte sent le défenseur de la bonne nature contre les vilains chimistes, il y a des arguments pour affiner la recherche.

Sceptique

Note du 19 Février 2016

La Polynésie Française a eu à faire face, en 2013, à une importante épidémie d'infections au virus zika. Les syndrômes de Gillain-Barré ont été nombreux et pénibles, avec des cas de paralysie respiratoire, nécessitant le poumon artificiel pendant plusieurs mois pour certains malades. Mais le rapport ne parle pas de microcéphalies néo-natales. Cette complication, spécifique du Brésil, pourrait avoir une autre cause.