La mobilisation des étudiants contre le projet d'adaptation du code du travail à la situation réelle de notre économie et des emplois qui la servent, me rappelle ce jugement cinglant d'une amie enseignante. 

Un article de Monique Dagnaud, du CNRS et d'Olivier Galland, du GEMASS, publié par le site Telos, juge non moins sévèrement cette posture des étudiants syndiqués, se prétendant les futures victimes des assouplissements considérés comme indispensables.

Les auteurs considèrent leurs appels à la grève et aux manifestations comme un coup porté à leur propre classe d'âge. Il ne seraient, en fait, pas concernés, et ils sacrifient leurs semblables en âge, mais pas en diplômes. Ils rappellent les taux de chômage observés selon les niveaux atteints au terme des études, décroissants en raison inverse du niveau atteint, justement, y compris de celles qui sont réputées comme peu adaptées aux emplois marchands. Qui intéressent, cependant, les employeurs en raison des aptitudes intellectuelles que ces diplômes laissent supposer.

Je ne suis pas étonné de ce que "la politique à partir des principes" prévale, pour l'UNEF, sur toutes celles qui se veulent "à partir des faits". Cela fait des années que ce syndicat étudiant est avant tout une pouponnière du Parti Socialiste. Leur syndicalisme, qui n'a pas grand chose à défendre, est un conditionnement à l'action politique, bien avant la défense des intérêts des adhérents, simple piétaille, utile les jours de manif. Plus efficaces, quand ils font le plein, contre les actions gouvernementales.

La droite en sait quelque chose, mais la gauche de gouvernement, état précaire et révocable de la gauche au pouvoir, ne se trouve que rarement confrontée à une opposition partie de son propre camp. Sa fréquence et son intensité progressent depuis les Étrennes de 2014, offertes par le président François Hollande au patronat, dans l'espoir "qu'il fasse où on lui demande de faire", ses crottes appelées "emplois". Hélas "il" est toujours constipé. Une question de régime! Les spécialistes déconseillent les purgatifs, recommandent la douceur.

La capacité de blocage d'une alliance entre l'aile gauche du P.S. et les syndicats de combat, même minoritaires, n'est pas négligeable. Et au delà de ce blocage? Il est permis d'en douter, de ne pas distinguer nettement ce que cette coalition pourrait obtenir de cette pression sur la réalité, sinon un sursis, bénéficiaire à la crise en cours.

Le quinquennat de François Hollande et de sa majorité sera globalement un échec, mais les efforts désespérés du Premier Ministre et de ses fidèles pour amortir la chute mériteraient le soutien raisonné des compagnons élus en 2012. Un bon tiers de la dite majorité s'apprête à achever le vaincu (par la réalité). Après eux, le déluge! Les autres "numérotent leurs abattis", résignés.

Pour les français, ce seront cinq ans de perdus. Pour la France, il y aura quelque gloire, sur le champ de bataille des civilisations.

Sceptique