La disparition, silencieuse, de cet avion moderne, reliant Kuala-Lumpur à Pékin, avec ses 239 occupants, dans la nuit du 7 au 8 Mars 2014, s'est jusqu'ici soustraite aux exigences de l'humanité, la connaissance de ce qui s'est passé. "Elle" ne tolère plus l'ignorance, le concept de "disparition corps et biens", qu'elle a subi pendant des siècles.

Le complotisme est toujours prêt à offrir ses services dans ces cas, et les sombres histoires de détournement ont proliféré, malgré l'absence de revendications sérieuses.

En fait, si l'équipage et les passagers sont devenus muets subitement, les messages automatiques de l'appareil, et le dispositif de satellites civils et militaires chargé de contrôler tous les mouvements aériens, pouvant être hostiles, ont été émis et enregistrés pendant cinq heures suivant le mutisme de l'équipage. Ils ont permis d'établir qu'après une période de changements intempestifs de cap, l'avion s'est dirigé plein sud, et s'est abîmé logiquement dans l'Océan Indien, par épuisement de son carburant. La zone de chute, au large de la côte occidentale de l'Australie a la superficie de la Suisse, une profondeur abyssale, et des conditions météorologiques généralement mauvaises.

C'est quand même dans cette zone que les premières recherches, aériennes, ont été entreprises par l'Australie, et n'ont pas permis de repérer des débris de taille conséquente, pouvant être signalés aux navires participant aux recherches. Cet échec a lâché la bride à toutes les hypothèses "complotistes", balayant les informations données par les satellites, trop sommaires pour plaire. Un cercle de même rayon, centré sur la zone où s'est produit le problème technique rendant muet l'équipage, balayait la corne de l'Afrique, les îles présentes dans cette zone, et le continent asiatique sur une grande profondeur. Tous les états suspects d'avoir été la destination de l'avion détourné, et de garder au secret les passagers, ont démenti ces accusations.

Si je reprends mon clavier pour participer à la glose anniversaire, c'est parce qu'une de mes sources habituelles, le "Monde", donne une pleine page à sa collaboratrice Florence de Changy, négationiste de cette thèse officielle, et convaincue de ce que l'avion s'est désintégré en altitude, là où la défaillance technique s'est produite. Elle fait état de messages clairs de l'équipage demandant l'intervention de secours sur zone. Ces messages ne sont mentionnés nulle part ailleurs. Elle en déduit l'absence de débris dans la zone de disparition. L'absence de preuves serait...une preuve.

Elle a peut être bouclé son livre avant la découverte sur la côte Est de la Réunion d'un aileron identifié comme appartenant à l'avion disparu. Logiquement transporté par un courant Est-Ouest connu, se formant dans la zone "officielle" de la disparition.

Depuis, d'autres débris suspects ont été ramassés sur des plages de la Mozambique, destination finale du fameux courant. Ils sont expédiés vers l'Australie, qui centralise maintenant toutes les recherches en mer, et les études de débris suspects.

Les doutes seraient, bien sûr, balayés par la découverte de l'épave de l'avion sur le fond de la zone qui est l'objectif de la prochaine et dernière campagne d'examen du fond, par un robot sophistiqué. Mais les difficultés de cette recherche sont telles qu'un nouvel échec ne constituerait pas une preuve négative. Notre orgueil d'humains modernes en prendrait un coup, mais le scénario déduit des informations données par des "robots" fabriqués par l'homme....pour améliorer sa défense, garderait toute sa valeur, confortée par l'aileron identifié.

Ce dont nous pouvons être sûrs, c'est que 239 humains reposent définitivement dans ce cimetière marin.

Sceptique