La décision de Poutine semble précipitée. En termes stratégiques et tactiques, la participation russe a été déterminante. Elle a affaibli tous les adversaires de Bachar Al Assad, a permis à son armée de se ressaisir, de reprendre l'offensive, de regagner du terrain.

La brutalité des frappes, concentrées sur les résistants au régime, a fait de nombreuses victimes civiles supplémentaires. Par contre, les capacités de l'État Islamique n'ont pas pu en souffrir. Seuls les américains et les français s'en sont occupés.

Pourquoi ce retrait? Le coût financier de ces opérations, pour une Russie économiquement affaiblie par les sanctions occidentales, et les bas prix du pétrole? Vladimir Poutine a beau faire passer ses ambitions impériales avant les questions d'intendance, le bien-être du peuple russe compte dans sa popularité.

Mais un article du Point (fr) fait allusion à un malentendu croissant avec son protégé. Bien que l'intervention russe se justifie par les intérêts stratégiques de la Russie, Vladimir Poutine s'est peut être lassé de l'esprit buté de son fantoche. En prenant ses distances, il l'affaiblit. Le retrait de Bachar élargirait les possibilités des pourparlers de Genève à parvenir à une solution politique, se faisant, également, sans les turcs, que le russe ne doit pas "encadrer". Tout sentiment est réciproque!

Et, en attendant, quelques syriens de plus resteront en vie.

Sceptique