La décolonisation de l'Afrique ne l'a pas transformée, séance tenante, d'enfer, en paradis. 

Ses peuples, réunis par les conquérants dans des ensembles taillés par leurs armées, dans les limites convenues avec leurs concurrents, anglais, allemands, belges et portugais, n'avaient que rarement, ou pas du tout, vocation à vivre pacifiquement ensemble.

Le serment prêté entre eux, de ne pas toucher aux frontières établies par les colonisateurs, a toujours eu du mal à assurer la paix civile, entre ethnies, ou entre religions. La force a toujours été seule à imposer une solution déséquilibrée. Mais comme "elle" n'est pas une constante, elle peut passer du côté des soumis, qui relancent la guerre. 

Décennie après décennie, en moyenne, chaque état africain retrouve sa crise constitututive, généralement à l'occasion de la fin du mandat de son dirigeant, en principe, élu. Mais qui ne veut pas partir, et s'appuie sur son armée*, fidèle, pour passer outre aux conventions antérieures. Les opposants, armés, eux aussi, régulièrement, ou non, ne se laissent pas faire. Force reste...à la force. Le plus fort gagne.

Élection "convenable", ou coup d'État, le nouveau pouvoir est accepté, en général, par la communauté internationale, à condition que le sang ne coule pas à flots.

Dans le cas contraire, l'Union des États africains et l'ONU interviennent pour s'interposer, pour protéger les populations civiles des exactions des plus forts, généralement les militaires.

Quand il s'agit d'une de nos anciennes colonies, il est exceptionnel que nous n'intervenions pas. Notre sens de la responsabilité est particulier. Faut-il nous le reprocher, ou nous l'interdire? Je pense que non.

Mais, fatalement, notre intervention vise toujours à protéger les plus faibles, pas à faire la courte échelle aux plus forts. Au nom de notre humanité, nous contrarions la nature brute, celle-là, présente des deux côtés. Ce qui fait que chaque camp est soulagé, et nous en veut.

Ainsi, en Centrafrique. Notre présence, plus active que celle des contingents de l'ONU, a permis l'élection sans trop de problèmes d'un nouveau Président. Nous pouvons, maintenant, envisager de plier bagages.

Mais le parti des mécontents, le reste, et il a, mystère, les faveurs des représentants de l'ONU. Lesquels n'ont comme moyen de peser, que de monter des dossiers d'abus sexuels commis par les combattants indésirables. En principe les plus efficaces. 

"On" trouve des victimes, à l'imagination débridée, "on" monte ses dossiers, brûlants, pris avec des pincettes par nos services judiciaires, dont on n'entend plus parler. 

Complaisance s'écrieront certains. Vacuité, plus sûrement.

Sceptique

*D'autant plus facilement que le Président est souvent un militaire. Un homme armé en vaut....dix!