C'est, en tout cas, ce que semble espérer notre Président, dont le fisc a déjà récupéré douze milliards cachés en Suisse. Il va lâcher les limiers de Bercy sur les noms de français ayant fait leurs affaires à l'abri de ce paradis fiscal....c'est à dire sans impôts.

Le consortium international de journalistes d'investigation qui s'est rassemblé pour éplucher les carnets d'adresses des officines de Panama City, spécialisées dans la mise au frais des placements illicites, a fait du bon travail . C'est la panique, digne, mais générale. Ce qu'on peut dire, c'est que la place de Panama City est "grillée". 

Pour ce qui est de la fin des paradis fiscaux, il vaut mieux ne pas triompher.

Si la propriété est le vol, notre monde porte des milliards de voleurs, dont l'imagination pour conserver un maximum de biens est sans limites. Elle a, aussi, profité des limites de souveraineté des états, en dehors de leurs frontières. Quelques petits pays, sans ressources propres, se sont spécialisés dans l'industrie des comptes secrets, dans lesquels les pauvres riches pouvaient cacher une partie de leur trésor. Du regard avide de leur État, grandi dans la tradition de faire les poches de ses nationaux, pour satisfaire ses besoins d'argent, quel que soit le temps, de paix, ou de guerre.

Ce jeu des voleurs et des gendarmes est presque aussi vieux que le monde des hommes. Je situe, logiquement, au néolithique, qui a vu apparaitre l'agriculture et l'élevage, le début de ce jeu. Qui, non seulement, n'a jamais cessé, mais s'est amplifié, perfectionné, sophistiqué, à des niveaux inouïs, au long des siècles. Je postule que malgré les progrès de part et d'autre, il ne cessera jamais. Le paiement des impôts ne sera jamais une jouissance. Il est inutile de faire la morale, même si une vraie inégalité caractérise ce problème. Inégalité proportionnelle au niveau de richesse, car la dissimulation a un coût.

Il vaut mieux, même, que les États tiennent par la bride leurs renifleurs, car les fraudeurs fuyards emportent avec eux leur savoir faire. Ils trouvent toujours des États complices qui leur assurent la sécurité dans la liberté. Les politiques ont parmi leurs responsabilités d'évaluer les avantages et les inconvénients des taxations, leur volume espéré, la perte subie du fait de l'exil du fraudeur. 

Le conflit "bijectif", passion contre raison, a toute sa place dans cette catégorie*.

Pour revenir à mon titre, notre Président, à l'annonce de ce "scandale", qui concerne un certain nombre de français notables, s'est empressé, un peu vite, par définition, de supputer un flot d'argent récupéré, s'ajoutant aux douze milliards de redressements fiscaux subis par les repentis du compte en Suisse.

Parmi les personnalités prises dans la nasse, se trouvent des dirigeants du monde, des présidents et des rois. Eux n'ont pas confiance dans l'avenir de leur pouvoir, hérité, et non cautionné par leurs peuples. Ce n'est pas l'impôt qu'ils redoutent, mais l'exil, et l'arrêt simultané de leur "liste civile".

Sceptique

*"Trop d'impôt tue l'impôt!"